GEOLOGIE
DE LA PROVENCE CRISTALLINE
LES
MASSIFS DES MAURES ET DE L'ESTEREL
I-LE
SOCLE DES MAURES ET DE L'ESTEREL
Introduction
Les formations géologiques les plus anciennes de la Provence
affleurent dans les massifs des Maures, de Tanneron et de l'Estérel.
Elles forment le socle ancien (terrains antérieurs à
300 Ma) qui ailleurs est recouvert par une couverture sédimentaire.
La Provence cristalline des Maures ou Provence varisque est composée
des massifs métamorphiques et granitiques des Maures et de
Tanneron, et des bassins permiens bordiers à remplissage sédimentaire
et localement volcanique dans le massif de l'Estérel.
Allongée sur une centaine de kilomètres depuis le Cap
Sicié à l'Ouest de Toulon, jusqu'à Vallauris
à l'est de Cannes, la " Provence cristalline " offre
quatre ensembles géomorphologiques et géologiques principaux
:
- le massif des Maures auquel se rattachent les massifs du sud de
Toulon et les îles d'Hyères (Porquerolles, Port-Cros
et île du levant) ;
-la dépression permienne, qui borde les Maures à l'Ouest
et au Nord ;
-le massif volcanique permien de l'Estérel qui prolonge vers
l'Est la dépression permienne ;
-le massif de Tanneron, qui constitue le prolongement oriental des
Maures.
Ces quatre ensembles sont
séparés par des accidents (failles) de direction générale
N-S qui ont joué (été actifs) à différentes
périodes et dont certains ont contrôlé (guidé)
l'installation de bassins houillers au Carbonifère. Des accidents
E-W, décrochants (mouvement horizontal de faille) ont également
contribué à la compartimentation de ces entités
rocheuses. Actifs pendant le Permien, ils ont contrôlé
l'individualisation et l'évolution sédimentaire et volcanique
de certains grabens (fossés);
Maures et Tanneron sont constitués de terrains métamorphisés
et plissés à l'hercynien (orogenèse varisque,
-400 -300 Ma), traversés par des granites d'âge primaire
(Carbonifère).
Ces terrains sont intensément érodés, plus ou
moins pénéplanés avant le début du Secondaire
(-245 Ma environ).
Les grands
ensembles lithologiques du socle
Quatre grandes unités
métamorphiques et lithologiques se relayent d'ouest en est
dans le massif des Maures.
1 - L'unité
occidentale des Maures : unité des schistes, quartzites
et phyllades
Affleurant sur 15 à 18 km, elle est constituée d'une
épaisse formation (2000 à 5000 m ?) de schistes,
micaschistes et quartzites à passées de phtanites
(roches sédimentaires siliceuses, à grain très
fin, noires, souvent en lits centimétriques) (au cap Sicié),
à niveaux d'amphibolites (roches métamorphiques
d'origine basaltique, formées d'amphibole et de feldspaths
calco-sodiques) et leptynites (roches métamorphiques d'origine
acide) (à Collobrières), à quartzites blancs
et roses (N-D de Fenouillet).
Cet ensemble est le moins métamorphique, il renferme des
niveaux de schistes à Graptolites (fossiles marins) du
Silurien (Fenouillet). Il constitue l'essentiel de la presqu'île
de Giens, et des îles de Porquerolles et Port-Cros.
2 - L'unité
centrale des Maures : unité des gneiss de Bormes
Cette unité
est visible sur 10 à 20km, elle est surmontée à
l'ouest par la précédente, elle est limitée
à l'est par des accidents (faille de la Garde-Freinet).
Elle est constituée principalement de gneiss oeillés
(gneiss de Bormes), dans lesquels s'intercalent des gneiss micacés
ou des micaschistes à grenat-staurodtde-disthène
(minéraux du métamorphisme indiquant un gradient
de métamorphisme légèrement plus élevé).
Elle est datée à -540 Ma (Infracambrien), et appartient
au groupe de roches les plus anciennes des Maures (avec les gneiss
de Saint-Tropez et le granite de Barral).
Ces gneiss de Bormes proviennent de la transformation d'anciens
granites et de grès arkosiques (grès à éléments
feldspathiques) issus de l'érosion d'un socle anté-hercynien
(Cadomien=-570 Ma).
3 - L'unité
de la Garde-Freinet : unité des gneiss, micaschistes, migmatites,
leptynites et amphibolites.
Située structuralement
sous la précédente dont elle est localement séparée
par la faille de la Garde-Freinet et affleurant sur 3 à
6 km, elle est limitée à l'est par la faille de
Grimaud. Elle se caractérise par son gradient de métamorphisme
plus élevé que celui de la précédente
: passage kisthène à sillimanite (minéraux
du métamorphisme fort) et à l'anatexie (fusion de
roches) et par ses faciès variés, avec en particulier
des micaschistes à sillimanite, des migamatites (roches
à la limite granite-gneiss, indiquant un très fort
degré de transformation-fusion) à cordièrite,
et un complexe de leptynites et d'amphibolites associé
à des métagabbros et des serpentines (roches basiques
métamorphisées) témoignant de magmatisme
variés datés à -500 Ma.
4 - l'unité des gneiss orientaux : unité des
gneiss de Saint-tropez-SainteMaxime
Cette unité
constitue les massifs de Sainte-Maxime, Saint-Tropez et une grande
partie de celui de Tanneron. Elle est formée de gneiss
migmatitiques, d'orthogneiss, de gneiss micacés à
sillimanite, de gneiss leptynitiques, de micaschistes à
staurotide-sillimanite-disthène à niveaux de cipolins
(marbres), des amphibolites à reliques d'éclogites
(roches basiques à grenat et pyroxène sodique, de
très haute pression, témoignant d'une croûte
subductée).
Histoire
du socle
Les roches du socle
des Maures et de Tanneron sont contemporaines de celles de l'Argentera-Mercantour,
du Massif central, du Massif Armoricain, des Vosges, des Ardennes
ou d'une partie de la Corse. Cette dernière (avec la Sardaigne)
n'a été séparée des Maures qu'à
l'épisode distensif de l'Oligocène supérieur
(-34Ma, au Tertiaire).
Le massif des Maures montre un degré croissant du métamorphisme
de l'ouest vers l'est signé par l'apparition progressive,
dans ce sens, des minéraux tels que le chloritoïde,
la biotite, le grenat, la staurotide, le disthène et la
sillimanite. Ces minéraux et, en particulier, le disthène,
signent un gradient P/T moyen (dalradien) qui laisse supposer
une collision (affrontement de plaques tectoniques). Cette collision
a donné, avant la fin de l'ère primaire, la chaîne
hercynienne ou chaîne varisque, interprétée
comme la conséquence de la collision entre deux super continents
: la Laurasia au Nord et le Gondwana au sud.
Vers la fin du Primaire, les terres émergées ne
faisaient qu'un seul continent : La Pangée, et le socle
de la région Sud-Est était déjà sous
son aspect actuel.
Le socle est profondément arasé à la fin
de l'Hercynien (-295 à -245 Ma) soit sur une période
de 50 Ma.
Les terrains visibles actuellement se sont transformés
à des profondeurs importantes entre 10 et 20 km de profondeur.
Les parties les plus profondes ont atteint la température
de fusion des matériaux terrigènes.
L'épisode majeur de l'histoire du socle se situerait vers
-380 à -350 Ma. Tous les matériaux existant, magmatiques
ou sédimentaires, vont acquérir une déformation
tectono-métamorphique :
Les argiles et pélites se transforment en phyllades et
micaschistes, les grès donnent des quartzites, les basaltes
donnent des amphibolites, les roches magmatiques siliceuses des
leptynites, les granites des orthogneiss et les arkoses et grauwackes
des paragneiss.
L'origine granitique
d'un grand nombre de formations gneissiques du socle, leur pétrographie
et leur géochimie permettent de rattacher ces formations
à une suite granitique alumineuse d'origine crustale. Quant
aux intercalations basiques (amphibolites, gabbros), elles correspondent
à des magmatismes basiques alcalins à tholéiitiques
à affinité progressivement continentale et océanique.
Ce qui correspondrait à une situation de rift continental
ou à un prérift océanique.
Le magmatisme s'exprime
par :
1- la fusion partielle du matériel sur place ; le mélange
de la fraction magmatique cristallisée et de la partie
métamorphique réfractaire a donné les migmatites
(roches à la limite des roches métamorphiques catazonales
et des roches magmatiques, ce qui équivaut à un
mélange de gneiss et de phénomène d'anatexie)
;
2- le magma intrusif issu de la fusion partielle de la croûte
continentale a donné les granites.

II -
LE TEGUMENT PERMO-TRIASIQUE
Dans la région,
on appelle tégument la couverture sédimentaire d'âge
primaire (Paléozoïque supérieur : -325 à
-245 Ma) et triasique (Trias inférieur et moyen : -245 à
-235 Ma). Cette période couvre le Carbonifère supérieur
(du Westphalien supérieur au Stéphanien moyen : -315
à -300 Ma), le Permien (de l'Autunien au Saxonien et au Thuringien
: -295 à -245 Ma) et le Trias (Werfénien à Anisien
: -245 à -235 Ma).
Les terrains du Carbonifère
supérieur (Stéphanien) sont conservés dans des
petits fossés N-S limités par de grands accidents sub-méridiens
(fossé du Reyran le long de la faille de la Moure dans le Tanneron,
environs de Toulon : massifs de la Playe et de Mourillon et dans le
fossé N-S à l'ouest du Plan-de-la-Tour, limité
par la faille de Grimaud) où ils sont représenté
par des poudingues à galets de socle voisin et des pélites
à traces de fougères arborescentes (troncs de Sigillaria
et de Calamites et par des pélites noires charbonneusesà
Annularia : feuilles de Calamites). Une accumulation d'algues lacustres
a donné un charbon bitumineux, autrefois exploité dans
les mines de Boson (vallée de Reyran, dans le Tanneron).
L'ensemble caractérise une sédimentation détritique
continentale fluvio-lacustre.
Le Permien rouge est à matériel détritique continental
(conglomérats, grès arkosiques, pélites), associé
à des coulées volcaniques (rhyolites et basaltes) et
à des pyroclastites (tufs et cinérites, roches volcano-sédimentaires).
Sa forte épaisseur atteste de la subsidence des bassins (1600
m) et de l'activité de démolition des reliefs voisins
qui les alimentent. La sédimentation est de type fluvio-lacustre
(rivières chenalisées succédant aux coulées
boueuses en masse puis comblement du bassin avec du matériel
plus fin (playas et flaques palustres et lacustres). Les failles E-W
jouent en distension provoquant des grabens et permettant l'arrivée
du magma. Ces manifestations liées à un rifting sont
annonciatrices de l'ouverture de la Thétys.
Le Trias est nettement transgressif sur le Permien. Son faciès
est homogène à l'échelle régionale et
ses premiers niveaux sont comparables à ceux du Permien avec
des poudingues, grès, quartzites et pélites bariolées,
passant vers le haut à des cargneules puis des dolomies.
A la base du Trias, un banc conglomératique à galets
de quartz filonien alternant avec des niveaux de grès grossiers
et moyens, à stratifications obliques entrecroisées
est épais d'une dizaine de mètres. Ce niveau de poudingue
à dragées de quartz, à la Colle Noire, est minéralisé
en cuivre et en plomb (ancienne mine du Cap Garonne).
Au-dessus, des grès grossiers claires et des grès psammitiques
argileux à ripple-marks passent à des niveaux plus argileux
surmontés d'un banc de grès dolomitique jaune marquant
le passage aux marnes, gypses, dolomies et cargneules du Muschelkalk.
Le Keuper offre les faciès d'argiles et marnes bariolées,
et localement à proximité des zones de décollement
de la couverture, des amas de gypse et de cargneules.
Le Rhétien est constitué de calcaires coquillers, calcaires
oolithiques et de calcaires argileux jaunes à niveaux microconglomératiques,
de calcaires en plaquettes et de marnes feuilletées.
Les caractères
sédimentaires et paléogéographiques des séries
du tégument
L'ensemble Permo-carbonifère
est essentiellement détritique avec intercalations de produits
volcaniques. La silice domine (éléments du socle sous-jacent),
quelques niveaux à matière organique carbonisée
(flore) et des niveaux calcaires très réduits sont présents
à différents niveaux de la série permienne (conglomérat
à ciment calcaire, banc calcaire).
La granulométrie varie des conglomérats grossiers à
éléments métriques jusqu'aux pélites et
silts très fins. Ce qui atteste d'un faciès continental,
lagunaire, d'épandage (versants, torrents) sous conditions
climatiques arides ou semi-arides. Le régime lagunaire peut
être temporaire, alternant avec des périodes d'assèchement
(surfaces à mud-craks et à ripple-craks).
Les variations d'épaisseur et de nombreuses discordances angulaires
soulignent les effets de la tectonique fini-hercynienne de l'ensemble
avant son arasement.
Au Permien, la sédimentation caractérise un démantèlement
progressif des reliefs en cours de surrection et une accumulation
des matériaux dans un bassin sédimentaire de type lagunaire
par intermittence. Ce bassin est aussi le siège de subsidence.
Pendant le dépôt des sédiments fins dans la plaine
lacustre, de grosses décharges conglomératiques, dues
à des reliefs proches, viennent s'intercaler dans les sédiments
fins.
Les traces et pistes de vers, les figures de courants (ripple-marks)
et les fentes de dessication (mud-craks) évoquent une sédimentation
calme, en milieu continental oxydant, sous faible tranche d'eau intermittente,
dans un bassin fermé, alimenté par des courants de faible
énergie.
L'épaisseur et la régularité de la série
impliquent une subsidence continue. Des chenaux d'axe S-N sont fréquents
dans les conglomérats du Permien supérieur. L'analyse
morphométrique des sables et l'analyse séquentielle
ont permis d'établir un sens de transport des matériaux
du SSW vers le NNE.
Les conditions
de sédimentation dans les séries détritiques
du Permo-Trias
Au Permien, le climat
de la province d'origine était peu hydrolysant fournissant
beaucoup de feldspath et peu de biotite, alors que dans le milieu
de sédimentation, le climat était hydrolysant de type
tropical sec ou méditerranéen chaud avec alternance
de saison sèche et de saison humide. La saison humide provoquait
la libération du fer par hydrolyse des minéraux ferro-magnésiens
et la période sèche, attestée par les fentes
de dessication, fixait ce fer sous forme d'hydroxydes rouges.
La couleur rouge-violacée
La teinte violette est
due à l'hématite en gros grains (quelques microns).
La mobilisation du fer permet la recristallisation de l'hématite
et la genèse de certains silicates ferrifères, ce
qui correspond à des conditions réductrices.
La couleur rouge est liée à l'hématite (oxyde
de fer, Fe2O3) présente dans le ciment des arkoses et les
faciès silto-pélitiques.
Différentes hypothèses
sont avancées quant à l'origine de ce pigment.
1° les séries
volcaniques rouges de l'Estérel avaient acquis leur coloration
rouge par dévitrification des rhyolites potassiques qui libèrent
ensuite le pigment hématitique rouge (Bourcarut, 1971). Cette
hypothèse conforte l'héritage d'une source située
au sud-sud-ouest.
2° dans le trias, où se rencontrent des faciès
analogues, cette origine est peu vraisemblable car les directions
d'apport changent ; de plus, l'état des biotites laisse supposer
une rubéfaction sur place par altération météoritique
précoce, ou même dès la diagenèse.
La couleur verte
Les teintes vertes sont liées à des phyllosilicates
dans lesquels le rapport Fe3+/Fe2+ est élevé, donnant
des niveaux réduits. Cette réduction peut se présenter
également sous forme de taches verdâtres développées
autour d'un nucléus pyriteux (sulfure de fer, FeS2) produite
lors de la diagenèse ou légèrement postérieurement,
lors d'un aplatissement tectonique (taches dans la surface de schistosité).
Dans le bassin tantôt inondé, tantôt asséché,
des flaques permanentes développent des couleurs vertes et
violettes, liées aux sols hydromorphes et à la matière
organique, dans une ambiance de confinement général
dans laquelle se forment et se conservent l'illite, la chlorite
et la montmorillonite (minéraux argileux). Ce qui pourrait
correspondre à des sites mal drainés ou des sols hydromorphes
(pseudogleys ou gleys) à engorgement temporaire ou permanent
(milieu confiné euxinique).
Au début du Trias, le climat a du être aride comme
le prouvent les galets éolisés remaniés à
la base des premiers dépôts. Puis la sédimentation
fluviatile marque le retour à un climat semi-aride, voisin
de celui du Permien. Par la suite, la mer évaporitique du
Trias moyen marque la fin de l'histoire continentale permo-triasique
par simple passage à une sédimentation chimique (dépôts
carbonatés).

III- LE
MAGMATISME PERMIEN DE L'ESTEREL ET LES CONDITIONSDE
SA MISE
EN PLACE
Au Permien, un volcanisme
alcalin acide et basique accompagne l'individualisation des grabens
E-W. Essentiellement fissural, il se met en place à la faveur
des grandes failles bordières, mais aussi par l'intermédiaire
d'appareils isolés. C'est un volcanisme de rift continental.
Trois types de volcanismes
se manifestent dans l'Esterel :
1-Un volcanisme acide important en volume, à rhyolites et ignimbrites,
en coulées importantes superposées ;
2-Un volcanisme basique à hawaïtes, mugéarites
et basaltes doléritiques, en coulées réduites,
en filons stratiformes ou en sils ;
3-Un volcanisme intermédiaire à trachytes quartzifères,
en coulées réduites.
Deux magmas sont à
l'origine du volcanisme permien de l'Esterel :
1°/ un magma rhyolitique potassique à composition de granite
alcalin ;
2°/ un magma basaltique moyennement alcalin qui se différencie
avec le temps, passant d'un pôle basique vers un pôle
intermédiaire puis acide.
Les laves acides issues
du magma rhyolitique ont une différenciation au cours du temps
en relation avec leur mode de mise en place et en particulier un dégazage
et un refroidissement progressifs du magma. Le dynamisme volcanique
évolue de l'explosif à l'effusif dans un régime
général distensif. Les ignimbrites correspondent à
une vidange très importante de la chambre magmatique dont le
toit s'effondre par la suite. Appartenant à la série
alcaline, les laves acides pourraient dériver de magmas basaltiques
par cristallisation fractionnée. Ces laves font suite à
la première séquence basique de l'Avelan.
Le magma basaltique est
à l'origine des trachy-andésites de l'Avelan (B1) et
des basaltes en filon-couches 1 et 2 du Permien basal ; des trachy-basaltes
des filons-couches 3 et 4 et des trachy-andésites B2 et B3
; des trachytes A13, des trachy-basaltes du filon-couche 5, des basaltes
du filon-couche 6 et des tufs B4 de la partie sommitale du Permien.
Les coulées basiques sont souvent précédées
par des éruptions pyroclastiques. Les laves intermédiaires
de type trachytique correspondraient au terme le plus siliceux de
la différenciation d'un magma mantellique , basaltique à
l'origine.
Les
modèles proposés quant à l'origine des magmas
La présence de
deux pôles magmatiques différents dans le rift permien
de l'Esterel peut être expliquée soit par une origine
double des magmas parentaux soit par une origine mantellique du magma
primordial.
Dans une première hypothèse, le magma basaltique alcalin
proviendrait de la fusion partielle, réduite, du manteau asthénosphérique
qui forme un dôme ou diapir thermique sous le rift en formation.
Le magma acide rhyolitique serait dû à la fusion partielle
de la base de la croûte continentale située au-dessus
du diapir mantellique et portée à la température
de l'anatexie sèche des granites par échange thermique
avec le diapir mantellique et avec une possible chambre magmatique
basaltique située à l'interface manteau-croûte-continentale.
Dans une deuxième hypothèse, le magma basaltique alcalin,
issu de la fusion partielle réduite du manteau asthénosphérique,
subit une différenciation poussée. Le magma acide très
différencié serait séparé du magma basaltique
non différencié par une zone de transition empêchant
tout mélange des deux magmas.

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