Et oui, il fallait trouver 5 250 m pour la profondeur maximale du Hess Deep Rift ... soit l’option 3 !

Hess_deep_rift_area.jpg

Les raisons sont simples :

les ondes acoustiques (celles utilisées par les scientifiques) vont plus vite dans l’eau que dans l’air. La vitesse de ces ondes dans l’eau de mer est de l’ordre de 1 500 m/s (contre 300 m/s dans l’air !).
Alors 7 secondes pour l’aller – retour ; cela fait 3,5 s seulement pour un trajet simple (ne pas se faire pieger par le double temps !) donc 3,5 x 1 500 = 5 250 m.

Bathymétrie du rift :

En multipliant les points de mesure, on parvient à dresser la carte de la profondeur du fond océanique : la bathymétrie. Le Hess Deep Rift porte bien son nom !

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Pour aller plus loin

Des perches d’abord, ensuite probablement des lianes lestées de cailloux, puis des lignes, des câbles ont permis peu à peu à l’l’Homme de mesurer la profondeur de l’eau sur laquelle il naviguait.

Pour s’affranchir d’une liaison matérielle directe, on a alors imaginé d’utiliser le principe de l’écho.

On savait depuis longtemps mesurer des distances à terre par la mesure du temps de propagation des ondes sonores dans l’air. Sachant que les ondes sonores se propagent facilement dans l’eau, ce même principe a pu être appliqué.

C’est le principe de l’écho-sondeur. La vitesse de l’onde est bien connue, elle est en moyenne de 1 500 mètres par seconde. Elle varie dans une certaine mesure en fonction de la densité de l’eau (c'est-à-dire en fonction de la température et de la salinité de l’eau).

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Une étude systématique de la bathymétrie des fonds océaniques a révolutionné les sciences de la Terre. Dès les années 1950 puis 1960, le plancher de l’océan (dont la profondeur moyenne est de 4 500 m) va se révéler accidenté avec des chaines de montagnes médio océaniques (dorsales) et de grandes fosses de plus de 8 000 m. 

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Aujourd’hui, les satellites permettent de mesurer l’altitude de la surface des mers par rapport à leur orbite. Ces mesures mettent en évidence des ondulations de la surface des océans.

Après correction d'une part des effets liés à la trajectoire du satellite, d'autre part des perturbations océaniques (marée, courant, vent, pression atmosphérique, dilatation de l'eau avec la température,...), on obtient la vraie hauteur de la surface de la mer. Or cette hauteur ne s'avère pas constante.

Aux courtes longueurs d’onde (20 à 100 km), ces ondulations sont liées à la topographie des fonds marins. Ainsi les principaux reliefs des fonds sous marins ont leur ‘signature’ à la surface des océans. On peut donc les ‘voir’ et les cartographier. Une dorsale se trahira par une ondulation positive de plusieurs mètres de hauteur de surface océanique ... une fosse, en revanche, correspond à un défaut de masse et se traduira par une ondulation négative.

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                                                                                    En route pour le Hess Deep !


Bibliographie :
La croûte océanique – Vuibert 2011 – T. Juteau et R. Maury

La vie des océans – Vuibert 2011 – Y. Lancelot