Une secousse tellurique a été ressentie hier à 18 h 25 dans tout l' est des Alpes-Maritimes. Vers 18 h 30, le standard du Centre Opérationnel d'Incendie et de Secours (CODIS) a été submergé d'appels en provenance d'habitants de la région niçoise et de l'est du département. Le phénomène d'une magnitude de 3,5 sur l'échelle de Richter - qui en compte 9 - a été enregistré sur les appareils du réseau national de surveillance sismique de Strasbourg jusque dans la région mentonnaise.
Si la mini secousse a été ressentie en certains endroits sur les collines nord de Nice, dans le quartier de l'Ariane et jusqu'à Cap d'Ail et Monaco, c'est bien dans la vallée du Paillon, entre la Trinité et Blausasc, que l'impact a été le plus violemment perçu.
Emotion mais pas de panique
A Drap, chemin du Grec, les quelque cinquante riverains d'un lotissement d'une quinzaine de villas se sont réfugiés dans la rue. Idem à la Trinité et à Contes où les habitants de certains secteurs de la vieille ville se souviennent d'un " double bang " qui a précédé la secousse : " J'ai cru qu'il s'agissait de l'explosion d'une conduite de gaz ", raconte Janine.
La mini secousse n'a pourtant duré que trois ou quatre secondes. Les relevés du sismographe, installé dans les locaux du collège Vento à Menton depuis le mois de juin dernier, en témoignent. La terre n'a tremblé que furtivement.
Suffisamment toutefois pour susciter, de-ci de-là, des mouvements de peur. En quelques minutes, le standard du corps des sapeurs-pompiers de Nice a été submergé d'appels : plus d'une centaine en moins d'une demi-heure.

Pour les pompiers, il s'agissait surtout de rassurer la population
inquiète (Photo Patrice Lapoirie - Nice Matin)
Alors pourtant qu'aucun dégât ne semblait être à déplorer sur l'ensemble de la zone touchée (" Pas la moindre fissure en vue ", confirmait un gendarme au retour d'une des nombreuses patrouilles de contrôles diligentées dans la vallée du Paillon), les secours se sont organisés pour rassurer la population : " Conjointement avec les pompiers, nous avons envoyé des équipages aux quatre coins du canton afin de rassurer tout le monde, notamment dans les rangs des pensionnaires des nombreuses maisons de retraite du secteur ", expliquait hier le commandant de la brigade de gendarmerie de Contes.
Mais à 19 h 30, la plupart des habitants avaient déjà regagné leur domicile. Dans les minutes qui ont suivi l'alerte, le dispositif de surveillance et d'assistance qui a été mis en place par la gendarmerie et la sécurité civile a été particulièrement efficace, mais dans certains quartiers les gens étaient encore sous le choc. " Plusieurs personnes nous ont appelés en menaçant de déposer plainte contre les cimenteries... Elles étaient persuadées que le bruit qui a précédé la secousse avait été causé par l'explosion de mines sur la carrière de Borghéas de Peillon ", raconte un gendarme.
C'est en effet la déflagration qui a surtout marqué les esprits. " On a d'abord cru à une explosion à l'usine, raconte un habitant de la Grave de Peille. On roulait en voiture, on a reçu une volée d'olives sur le pare-brise. Une fois rentré à la maison, j'ai trouvé des objets renversés. En revanche mon chat a disparu et je ne sais pas ce qu'il est devenu... ".
Jo, domiciliée à Sclos-de- Contes, confirme : " La maison a légèrement bougé mais les meubles sont restés en place. C'est surtout le bruit qui était impressionnant ".
Impressionnant mais sans conséquences notables. La secousse enregistrée
hier à 18 h 22 n'a, il est vrai, pas dépassé les 3,5 degrés
sur l'échelle de Richter. Alors que, dans la nuit du 26 décembre
1989, le séisme - le plus important de ces vingt dernières années
dans la région - avait atteint une magnitude de 4,5 sur l'échelle
de Richter.
Monaco : ruée sur les standards des services de sécurité
Hier, à peine la secousse sismique ressentie en Principauté vers 18 h 28, de nombreuses personnes ont téléphoné aux sapeurs-pompiers, à la Sûreté publique et au palais du gouvernement.Selon les responsables respectifs, il n'y a eu aucun mouvement de panique. Mais ces deux secondes de fortes vibrations, dont l'épicentre se situait au niveau de la vallée du Paillon, ont inquiété des résidents monégasques.Comme en témoigne cette personne habitant rue de Millo. " Assise dans mon fauteuil, j'ai entendu comme un bruit de tonnerre et mon siège a bougé. J'ai eu de suite assez peur. Croyant être victime d'une hallucination, mon réflexe a été de regarder dehors pour voir la réaction d'autres personnes... "Ou encore ces résidents de l'immeuble " Bermuda " plus sensibilisés que d'autre par l'apparition de fissures lors de récents travaux.
Les questions les plus fréquemment posées concernaient l'attitude à observer, la vérification de l'information et l'ampleur éventuelle des dégâts. Sur ce dernier point, heureusement, il n'y a rien à signaler : ni dommages ni victime.
extrait de Nice Matin du 2 novembre 1999