QUESTION DE SYNTHÈSE

THÈME : Les déterminants de la consommation des ménages

1 - TRAVAIL PRÉPARATOIRE ( 10 pts )

Q1 - Faites une phrase avec les deux nombres encadrés du document 1 ( 1 pt )

Q2 - Comment a évolué la consommation des ménages en France ? ( Document 1 ) ( 2 pts )

Q3 - Calculez les coefficients multiplicateurs du revenu et de la consommation entre 1960 et 1970 et entre 1990 et 2000 ( Document 2 ) Qu’observez-vous ? ( 2 pts )

Q4 - Comment a évolué la consommation alimentaire ? ( Document 2 ) ( 1pt )

Q5 - Expliquez pourquoi la baisse du chômage a pu favoriser la relance de la consommation ? ( Document 3 ) ( 2 pts )

Q6 - Expliquez pourquoi la baisse du taux d’intérêt a pu favoriser la relance de la consommation ? ( Docu- ment 3 ) ( 2 pts )

2 - QUESTION DE SYNTHÈSE

                Après avoir analysé l’évolution de la consommation finale des ménages français ces quarante dernières années vous en expliquerez les déterminants économiques.

3 - DOCUMENTS

Document 1 - Variation annuelle de la consommation des ménages ( en % )

          ( Source : Bilan du Monde, Editions Le Monde, 1999 )

Document 2 - L’utilisation du revenu disponible des ménages

                          ( en milliards de Francs constants 1999 )

           ( Source : Insee, CDTEF 2000 )

Document 3 -

       En un an, cinq millions de Français se sont équipés d’un téléphone mobile et les achats continuent au rythme de 450 000 par mois. En 1998, un million d’ordinateurs individuels et près de deux millions de voi- tures neuves ont été achetés. Et ce ne sont là que les produits les plus visibles. Les Français se sont remis à consommer avec une vigueur qu’on ne leur avait plus connue depuis dix ans.

       Plusieurs facteurs expliquent ce redémarrage de la consommation des ménages, qui représente 60% du produit intérieur brut. Il y a certainement un effet rattrapage de la part des consommateurs après plusieurs années de stagnation relative de leurs achats. Mais ni les nécessités du renouvellement de l’équipement ni les ressorts psychologiques ne suffisent, aux yeux des macroéconomistes, à rendre compte du phénomène. Pour eux, si les Français se sont remis à consommer c’est avant tout parce qu’ils ont davantage de revenu disponible.

       La toute première cause en est l’expansion de l’emploi. De ce fait, la masse salariale augmentera de 3,2% en 1998 et de 3,5% en 1999 estime l’OFCE. La prédominance des revenus d’activités va dans le sens d’une augmentation de la consommation car ces revenus sont généralement plus consommés que ceux de la propriété et de l’entreprise. En ce sens, le début de rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée en faveur des salaires et la fin de la période des taux d’intérêt élevés qui incitaient à l’épargne font plutôt le jeu des cigales que celui des fourmis.

       Le taux d’épargne qui n’avait cessé de monter en tendance depuis dix ans a légèrement fléchi en 1998. A l’inverse la distribution de crédit se redresse.

( Source : Sophie Gherardi, La consommation retrouvée..., Le Monde, 17 novembre 1998 )


LA CONSOMMATION FINALE DES MÉNAGES

Introduction :

       Amorce = Depuis 1997, les achats de biens de consommation des ménages français ont fortement augmenté ( + 3,7% en 1998 )          ( Q1 ), ce qui a provoqué une relance de la croissance de la production et une réduction du chômage, la consommation finale représentant à elle seule 60% du PIB ( Doc 1 et Doc 3 ).

       Problématique = Comment a évolué la consommation des ménages en France ces quarante dernières années à la fois dans son volume et dans sa structure ? Quels sont les facteurs économiques responsables de ces évolutions ?

       Annonce du plan = Après avoir présenté les principales évolutions, quantitatives et qualitatives, de la consommation des ménages français, nous analyserons leurs déterminants économiques.

1 - UNE CONSOMMATION DE MOINS EN MOINS DYNAMIQUE ET DE PLUS EN PLUS ORIENTÉE VERS LES SERVICES

   A - UN RALENTISSEMENT DE LA CROISSANCE DE LA CONSOMMATION FINALE...

       Phrase introductive = En quarante ans, la consommation finale a augmenté de moins en moins vite et a connu d’amples variations qui ont épousé la conjoncture économique française et mondiale ( Q2 et Doc 1 ) ).

       1er constat = Entre 1960 et 1970, la consommation des ménages en volume ou en francs constants a été multipliée par un 1,75, soit une hausse de 75% ( Q3 ). Durant cette époque, la croissance annuelle de la consommation n’est jamais inférieure à 5%. Dès le milieu des années 70, la croissance de la consommation se ralentit. A son sommet, elle n’augmente que de 3,7% en 1986 et en 1998 ( Q1 ).

Entre 1990 et 2000, elle n’a été multipliée que par 1,15, soit une hausse de 15% en dix ans ( Q3 ).

       2ème constat = L’évolution de la consommation est cyclique. Son augmentation est particulièrement forte après des conflits sociaux     ( mai 1968 ), après des plans de relance keynésiens du gouvernement ( Chirac en 1975, Mauroy en 1981 ) ou après une forte baisse des prix du pétrole ( 1985, 1997 ). En revanche, une crise pétrolière ( 1974 ), des plans d’austérité ( 1983 ) ou une crise mondiale comme en 1992 se traduisent par un fort ralentissement de la consommation. Ainsi, en 1993, elle n’a augmenté que de 0,1%, soit une stagnation        ( Q1et Q2 ).

   B - ET UNE REORIENTATION DE LA CONSOMMATION EN DIRECTION DES SERVICES

       Phrase introductive = En s’enrichissant, les ménages n’ont pas augmenté de la même façon leurs consommations. Après avoir satisfait leurs “besoins primaires”, ils ont privilégié les besoins dits “secondaires” ( Doc 2 ).

       1er constat = La part de la consommation alimentaire dans le budget des ménages diminue au cours du temps. En 1960, les ménages consacraient 33% de leur budget à l’alimentation ; en 2000 cette part a diminué de moitié ( Q4 ). Les dépenses alimentaires ont augmenté deux fois moins vite que le budget. Il en est de même pour l’habillement et l’équipement du logement. Une fois la cuisine équipée, les ménages se content de renouveler leur équipement lorsqu’il est usé ou obsolète.

       2ème constat = En revanche, la part des dépenses de santé, de loisirs, de transport, de communication, de logement, a fortement augmenté. En 1960, ces dépenses représentaient 1/3 des dépenses totales ; plus de la moitié de nos jours. Les ménages ont profité de leur enrichissement pour obtenir des logements plus grands, plus confortables, pour se soigner et voyager...

       Phrase de transition = Comment peut-on expliquer ces variations quantitatives et structurelles de la consommation finale ?

2 - QUI REFLÈTENT L’ÉVOLUTION DU POUVOIR D’ACHAT DES REVENUS ET DES CHOIX DES CONSOMMATEURS

   A - LA CONSOMMATION DEPEND DU POUVOIR D’ACHAT DES MÉNAGES

       Phrase introductive = Comme le montre Engel ( 1857 ) et Keynes, dans sa Théorie générale ( 1936 ), la structure et le volume de la consommation sont fonction du revenu disponible des ménages.

       1ère explication = Au fur et à mesure que le revenu disponible augmente les ménages, qui ont satisfait leurs besoins “primaires”, vont le consacrer à dépenses “secondaires” ou de “luxe”. L’élasticité-revenu de la consommation alimentaire est inférieure à 1 et l’élasticité-revenu des dépenses de loisirs ou de santé est supérieure à 1. La loi d’Engel est ainsi vérifiée ( Doc 2 ).

       2ème explication = Le volume de la consommation est strictement corrélé à celui du revenu disponibles. Lorsque le pouvoir d’achat augmente de 75% entre 1960 et 1970, la consommation augmente de 71%. Lorsque le pouvoir d’achat n’augmente plus  que de 15% entre 1990 et 2000, la consommation n’augmente plus que de 13% ( Q3 ).

       3ème explication = L’évolution du pouvoir d’achat dépend lui-même de la situation du marché du travail. Lorsqu’il n’y a pas de chômage, les travailleurs peuvent obtenir de fortes augmentations de salaires ( mai 1968 ). En revanche, lorsque le chômage augmente, le partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits devient défavorables aux salariés. Le pouvoir d’achat augmente moins vite et la consommation aussi à partir du milieu des années 70. Depuis 1997, le chômage diminue. Les actifs qui retrouvent un emploi voient leurs revenus disponibles augmenter ce qui permet une relance de la consommation ( Q5, Doc 3 ).

       4ème explication = Enfin, lorsque le taux d’intérêt est faible, les ménages peuvent augmenter leurs emprunts et disposer de sommes d’argent supplémentaires pour consommer ( Q6, Doc 3 ).

   B - LA CONSOMMATION DEPEND DES CHOIX DES CONSOMMATEURS

       Phrase introductive = Le revenu disponible ne sert pas seulement à la consommation. Il peut être épargné. Le partage du revenu disponible entre consommation et épargne nous est donné par la propension à consommer ou à épargner, qui dépend d’un certain nombre de facteurs :

       1er facteur = La confiance en l’avenir : en période de chômage, les ménages augmentent leur épargne de précaution au détriment de l’augmentation de la consommation. Toute diminution du chômage augmente la confiance en l’avenir, diminue à court terme le taux d’épargne et relance la consommation ( Q5, Doc 2 et 3 )

       2ème facteur = Le taux d’intérêt : lorsque le taux d’intérêt diminue, les ménages réduisent leur épargne financière, qui rapporte moins, au profit de la consommation. Ils valorisent le présent au détriment du futur ( Q6, Doc 3 ).

       3ème facteur : l’offre de produits : lorsque les innovations sont faibles, les ménages se contentent de renouvellement leur équipement usé. Mais, lorsque de nouveaux produits apparaissent, lancés par une bonne campagne publicitaire, le désir de possession devient irrépressible ( le téléphone portable ).

Conclusion :

       La consommation a toujours augmenté mais de façons plus ou moins rapide selon la conjoncture économique. Sa structure a également changé modifiant ainsi les modes de vie.

       Il reste à examiner les facteurs sociologiques de la consommation liés à l’existence de groupes sociaux hiérarchisés.