ACADEMIE DE DIJON

 

 

 

 

LE TRAVAIL EN GROUPES

 

Dossier  Professeur

 

 

 

 

LE TRAVAIL EN GROUPES :

un atout pour les élèves en P.P.C.P.

 

LE TRAVAIL EN GROUPES :

 des avantages multiples et variés

§        pour les élèves

§        pour la relation enseignant - élèves

§        pour les enseignants

 

STRUCTURER PAR ETAPES LES APPRENTISSAGES

AU SEIN DU TRAVAIL DE GROUPE

§        engagement - détermination

§        exploration - tâtonnements

§        transformation - traitement

§        présentation - appropriation

§        prise de recul - intégration

 

QUELQUES SIGNES DE RECONNAISSANCE

§        d’un groupe efficace

§        d’un groupe inefficace


Le travail en groupes :

un atout pour les élèves en P.P.C.P.

 

Avec la pluridisciplinarité, le travail de groupe est l’une des dimensions particulières des P.P.C.P.

 

Il s’inscrit dans les principes constructivistes et cognitivistes de l’apprentissage lesquels impliquent une démarche de construction des savoirs à partir de ceux déjà intégrés jusqu’à l’acquisition de ceux qui sont visés.

 

Il rejoint  une conception de l’apprentissage s’appuyant sur une activité de recherche et d’exploration après une phase de lancement et d’engagement personnel, laquelle débouche sur une phase d’expression de l’information traitée.

 

Le travail de groupe est propre à favoriser le conflit socio-cognitif à partir de la confrontation de points de vue, provoquant le déséquilibre duquel peut naître une structuration nouvelle des savoirs et des représentations.   Il doit favoriser chez chaque élève la prise de conscience des processus d’appropriation des apprentissages, cristallisant ainsi, les ingrédients de la métacognition : « Faire en se regardant faire ».

Par le travail coopératif et l’interaction sociale qu’il sous-tend, il est un levier pour le développement de compétences qui placent résolument l’individu au sein d’un collectif.

 

Bien sûr, les activités à conduire, l’ambiance de la classe, son vécu, la période de l’année scolaire sont autant de facteurs qui déterminent l’organisation en groupes de la classe. Mais inévitablement, le professeur est amené à se poser diverses questions :

 

·        combien de groupes vais-je former ?

·        combien d’élèves vais-je associer par groupe ?

·        quels élèves peuvent être rassemblés ?

·        comment répartir les activités ?

·        quelle structuration pédagogique vais-je mettre en place ?

·        quels avantages puis-je en attendre ?

·        quels pièges éviter ?

·        quelle structuration géographique, matérielle, temporelle adopter ?

·        comment éviter qu’il devienne pour certains élèves l’occasion de se distraire, voire de ne rien faire ? 

 

 

Le travail en groupes :

des avantages multiples et variés 

 

 

Pour l’ élève 

 

·        partager divers points de vue

·        confronter et échanger des idées

·        poser des questions

·        considérer une situation sous différents angles

·        exercer une pensée critique

·        confronter la façon dont il comprend les choses

·        prendre plaisir à partager des idées, des responsabilités, à être complice pour co-produire

·        apporter sa contribution à la résolution de problèmes

·        découvrir l’intérêt de la discussion, l’efficacité  de la coopération

·        prendre conscience de la nécessaire structuration d’un travail

·        s’impliquer dans l’organisation, dans la prise de décision

·        développer des habiletés sociales de participation, d’empathie, d’écoute, de respect

·        développer l’estime de soi, se valoriser, s’évaluer positivement

·        se réaliser

·        révéler ses capacités mais aussi prendre conscience de ses limites

·        prendre confiance en soi

·        développer un sentiment d’appartenance, d’identité

·        développer des attitudes positives envers l’école, les disciplines, le travail, les enseignants, les camarades

·        confronter la façon dont il s’y prend pour faire

·        développer des habiletés de conduite de groupe, d’animation

·        développer des habiletés d’expression, de logique, de clarté

·        s’exprimer plus facilement en dépit de sa timidité

·        penser tout haut

·        formuler des suggestions, des idées embryonnaires

·        exposer à ses pairs

·        prendre de l’assurance en présentant ses travaux

·        apprendre à adapter son langage à son auditoire

 

 

 

 

 

 

Pour la relation enseignant - élève 

 

 

Lors des travaux de groupes, l’enseignant

 

-         est perçu comme personne ressource, personne aidant à structurer, à orienter, à valider les recherches…

-         est plus à l’écoute, plus accessible, distancié de sa discipline, concerné par les autres angles de travail … 

-         a davantage de temps pour fournir de l’aide et être à l’écoute de problèmes particulier.

-         . . .

 

Pour les enseignants 

 

Le travail de groupe donne l’occasion d’accroître leur efficacité pédagogique

 

En effet, les élèves :

 

-         formulent davantage d’idées

-         s’expriment oralement

-         apprennent les uns des autres et s’enseignent les uns aux autres

-         prennent conscience de la valeur de leur propre pensée et de leur propre expérience, positivant ainsi leur personne

-         . . .

 

Le travail de groupe est l’occasion de mettre en avant des valeurs de coopération, de solidarité, de respect mutuel qui contrecarrent un univers social hélas trop souvent parasité par l’individualisme, l’indifférence, la violence . . .


 

 

Structurer par étapes les apprentissages

au sein du travail de groupe

 

 

 

1 - L’étape « engagement - détermination »

 

·        les élèves s’approprient les informations relatives au problème à résoudre, au travail à effectuer

·        ils s’engagent dans les réflexions, les pistes de recherche qui vont constituer progressivement une base commune fédératrice des membres du groupe parce que, partagée.

 

2 – L’étape « exploration - tâtonnements »

 

·        les élèves procèdent à une exploration des données figurant dans leurs pistes de recherche. C’est une phase d’hypothèses, de tâtonnements, de recherche pas à pas . . .

 

3 – L’étape « traitement - transformation »

 

·        les élèves font converger le fruit de leur réflexion vers la résolution du problème, la réalisation. C’est une phase de modelage, d’adaptation . . .

 

4 – L’étape « présentation - appropriation »

 

·        les élèves présentent leurs découvertes à un auditoire intéressé parce que concerné et critique, parce que averti

·        cette présentation les aide à comprendre, à réajuster, à avancer

·        les commentaires de leurs camarades sont autant d’éléments d’évaluation aidant à réguler le travail entrepris, favorisant les réorientations . . .

 

5 – L’étape « prise de recul - intégration» :

 

·        les élèves prennent du recul par rapport au travail réalisé, aux processus, aux étapes franchies, aux procédures utilisées . . .

 


 

 

 1 – Engagement - détermination

 

 

 

Cette phase correspond :

 

·        à la problématisation

·        au questionnement

·        à la mise en place progressive du projet

 

Elle conduit

 

·        à l’état des lieux.

·        à des échanges de connaissances, d’expériences déjà vécues

·        à la justification des travaux qui vont être engagés

·        à une activation du groupe selon  ses composantes créatives, imaginatives, sa curiosité, son désir de faire, d’apprendre de réussir, . . .

 

Le (les) enseignant(s)

 

-         invite(nt) à la réflexion

-         aide(nt) à procéder à l’état des lieux

-         suggère(nt) des directions

-         invite(nt) à l’organisation

-         encourage(nt) les hypothèses

-         aide(nt) à établir des liens entre le connu et l’inconnu, l’accompli et l’escompté, l’acquis et le visé

-         donne(nt) des aperçus

-         . . .

 


 

 

2 – Exploration - tâtonnements

 

 

Les élèves

 

-         réalisent diverses explorations des données du problème

-         élaborent des liens avec leur expérience

-         formulent des hypothèses

-         émettent leurs idées, les confrontent à celles de leurs camarades

-         utilisent leurs savoirs pour justifier leur point de vue

-         se trompent, contestent, concèdent

-         s’enrichissent mutuellement

-         procèdent par tâtonnements

-         ne comprennent pas tout

-         se posent des questions

-         veulent en savoir plus

-         . . .

 

Cette phase peut être favorisée par une réflexion à haute voix.

A cette étape le langage utilisé est celui des jeunes, il s’agit de jouer avec leurs mots, leurs  idées, pour clarifier leurs pensées.

C’est la phase des hésitations, des tentatives, des progressions en dents de scie…

 

L’enseignant est davantage observateur, stimulateur de l’activité des élèves.

Il veille, écoute, apprend, découvre ce que les élèves apportent, identifie leurs représentations, leurs difficultés, analyse les obstacles rencontrés, les pistes de progression envisagées, les protocoles retenus pour avancer.

 

Son rôle :

 

-         il facilite les activités des groupes, ménage les temps utiles

-         suggère des pistes par ses questionnements

-         stimule les échanges

-         distribue la prise de parole

-         favorise les argumentations y compris celles erronées

-         entretient la dynamique des groupes en pointant les incertitudes, les contradictions qui subsistent, en encourageant la persévérance

-         réfléchit aux étapes ultérieures, «  prépare le terrain »


 

 

 3 – Transformation - traitement

 

 

Les élèves se centrent sur les aspects des informations qui vont conduire aux résultats désirés.

Les activités sont diversifiées :

 

-         clarification

-         tri

-         classement

-         réorganisation

-         hiérarchisation

-        

 

Les activités doivent conduire à la compréhension, à la solution, à la réalisation …

Le groupe tient compte du temps imparti et se prépare à la phase présentation.

 

L’enseignant intervient pour :

 

-         corriger

-         compléter

-         guider

-         définir de nouveaux objectifs

-         rappeler les consignes

-         favoriser l’organisation de la classe la plus appropriée

-         rappeler les contraintes

-         guider les élèves vers les ressources

-         contrôler la qualité

-         encourager les progrès

-         s’assurer de la compréhension, de l’appropriation, des apprentissages

-         orienter vers de nouvelles activités

-         . . .


 

 

4 – Présentation - appropriation

 

 

Les élèves présentent leurs travaux, leurs découvertes.

Cette étape de présentation, d’explicitation est importante dans les processus de transfert.

Elle est un défi pour les élèves et stimule leur travail.

Les commentaires, les échanges permettent d’évaluer le degré de réussite, de pertinence…

 

L’enseignant :

 

-         valorise le travail produit

-         organise la classe de manière appropriée

-         favorise les présentations, l’expression

-         encourage le partage des productions

-         favorise le développement des habiletés de présentation orale, écrite

-         évalue les productions des élèves en fonction des objectifs

-         . . .

 

 

A cette étape, l’enseignant repère :

 

-         les apprentissages réalisés

-         suscite la réflexion critique du groupe

-         souligne les points forts, les points faibles

-         indique le chemin qui reste à parcourir

-         . . .

 

Différentes formes de restitution peuvent être envisagées :

 

-         un groupe devant la classe

-         le panachage des groupes par un ou deux de leurs représentants

-        


 

 

5 - Prise de recul - intégration

 

 

C’est une étape où les élèves doivent se poser des questions :

 

-         qu’est-ce que j’ai appris ?

-         quelle importance cela a-t-il pour le problème étudié, pour moi ?

-         quels sont les liens avec ce que j’ai appris, ce que je sais déjà ?

-         est-ce que j’ai atteint le but que je m’étais fixé ?

-         que devrai-je apprendre ensuite ?

-         que dois-je améliorer ?

-         si c’était à refaire, que referais-je ? Que ne referais-je pas ?

-         . . .

 

Les élèves doivent percevoir combien leurs apprentissages sont étroitement liés à leur investissement, à leur activité, à leur volonté de solutionner, de comprendre, de dépasser …

 

L’enseignant :

 

-         stimule ces activités

-         organise

-         montre sa satisfaction ou sa déception

-         encourage

-         aide à établir des liens avec les apprentissages disciplinaires

-         propose des activités de suivi, des activités complémentaires

-         aide à approfondir, à généraliser

-         favorise les transferts 

-         réfléchit sur les activités ultérieures

-         . . .


 

 

Quelques signes de reconnaissance d’un groupe efficace

 

 

 

       l’ambiance est détendue et agréable

       les membres participent activement, sont intéressés

       les échanges sont nombreux, pertinents, constructifs

       les élèves ont intégré les tâches à effectuer et s’en tiennent au sujet

       les membres du groupe s’écoutent les uns les autres, chaque idée fait l’objet de l’attention de chacun

       le groupe affronte les divergences d’opinions, essaie de les résoudre

       les décisions prises font l’objet du consensus le plus large

       les membres n’hésitent pas à formuler des critiques, à dire ce qu’ils pensent

       les positions de chacun, face au sujet de la discussion sont explicites

       quand une action s’impose, elle génère l’adhésion, la coopération, la solidarité

       la position de leader ne fait pas l’objet d’un monopole, chacun y accède à son heure

       le groupe procède à tout instant à l’évaluation de son  efficacité, au repérage de ce qui entrave sa progression et réagit en conséquence.

 

 

Le groupe est autonome !

 

 

 

 

 

Quelques signes de reconnaissance

d’un groupe inefficace

 

 

       le climat reflète l’indifférence, la passivité, l’ennui

        quelques élèves seulement s’expriment, les digressions sont nombreuses

       les bavardages de quelques uns polluent la progression des autres

       on appréhende difficilement la tâche du groupe

       les membres du groupe ne s’écoutent pas vraiment

       de nombreuses idées ne sont pas entendues et manquent d’être exploitées

       les divergences d’opinion sont l’objet de conflits sans concession

       des élèves éprouvent le sentiment d’incompréhension, d’indifférence, voire de rejet

       les membres du groupe n’expriment pas leurs idées, mais critiquent volontiers celles des autres et ne se rangent pas aux décisions prises

       quelques élèves accaparent la parole, la discussion s’enlise, l’argumentation est faible, superficielle, peu soutenue

       les élèves éprouvent le sentiment de perdre leur temps

       les élèves éprouvent peu d’intérêt mutuel pour coopérer, peu de solidarité pour s’entraider

       les places de leader sont « réservées », les autres élèves sont assujettis

       le groupe ne discute pas de ses méthodes, de ses problèmes, ne prend pas de recul, ne procède à aucune évaluation.

 

 

Le groupe n’est pas autonome !

 


Quelques problèmes posés par les travaux de groupes

 

 

-         Comment s’assurer que tous les élèves travaillent ?

 

     Si une confiance s’impose à priori, celle-ci n’exclut pas la vigilance, le contrôle. Il y a lieu :

 

-         d’observer les postures

-         d’écouter

-         de porter une attention au travail de chacun

-         d’exiger des productions individuelles au sein du groupe

-         de responsabiliser chacun des membres

-         . . .

 

-         Quand s’interposer ? Quand interrompre un travail de groupe ?

 

     L’interposition de l’enseignant est légitime, l’interruption des travaux relève de son pilotage, il y a lieu néanmoins de considérer que :

 

-         l’intrusion est source de déstabilisation, dans ce cas l’enseignant doit favoriser la continuité et éviter de s’engager trop

-         l’arrêt d’un groupe perturbe les autres groupes

-         . . .

 

-         Que faire des élèves perturbateurs ?

 

Il n’y a pas de solution toute faite en raison des causes complexes. Toutefois, il y a lieu de :

 

-         tenter de repérer les causes (difficultés, tâches trop ardues, sentiment de ne pouvoir y arriver, découragement…)

-         d’envisager d’isoler l’élève dans des activités individuelles en le ramenant rapidement  à des travaux coopératifs

-         s’appuyer sur la dynamique positive des autres élèves

-         responsabiliser les perturbateurs et de s’associer temporairement à leurs travaux

-         . . .


 

Comment réagir au bruit ?

 

-         Le travail en groupes génère une ambiance de classe différente de celle d’un cours habituel. Il y a lieu de distinguer le fond sonore occasionné par les échanges et qui fait partie intégrante de la démarche, d’une atmosphère bruyante qui très vite s’auto-alimente et devient incommodante pour tous. C’est à l’enseignant de décider du niveau sonore acceptable sachant que les degrés de tolérance peuvent varier.

 

Il s’agit :

 

-         d’éviter les bavardages 

-         d’apprendre aux élèves à s’exprimer sans bruit excessif, leur proximité rend inutile de parler fort pour s’entendre

-         d’exiger qu’un seul élève s’exprime à la fois

-         de tendre vers un ambiance calme et productive

-         . . .

 

Que faire des élèves faibles ?

 

-          promouvoir le tutorat, la coopération, l’écoute, le soutien en aparté

-         favoriser la prise de parole, l’expression des idées y compris les plus simples

-          se faire «  l’avocat du diable » pour les amener à se reconnaître dans les idées et trouver leur place dans les discussions

-          . . .

 

Que faire des élèves "leaders" ?

 

-         leur donner une rôle d’animation

-         les inciter à la modération

-         . . .