Notes d'élèves à propos de la mise en scène

 

A propos de la mise en scène de Caligula par S.O. BISSON au TNN (2011)

Notes d’élèves (prises après la rencontre avec le metteur en scène)

 

Choix de mettre en scène la version de 1941 (plus  humoristique ? La fille de Camus aurait dit, après une lecture faite par son père, que la pièce était « rigolote » !)

 

LE DECOR :

-          Seul indice « romain » : la mosaïque tunisienne recouverte de sable qui orne le sol (conformément aux vœux de Camus qui ne souhaitait pas une mise en scène antique). Elle est circulaire pour symboliser la folie (C tourne en rond) et la structure cyclique de la pièce.

-          1er acte : écran géant (nuages = rêves) ; 3 actes suivants : huis clos étouffant = terreur

-          Univers enfantin : Le sable de la mosaïque fait penser à un bac à sable  ; chambre d’enfant avec matelas superposés, petites chaises et table colorées, dînette, masques haïtiens, arlequins, jouets, poupées, guirlande… pour souligner le caractère puéril de C (enfant qui a peur)

-          Univers ludique : mise en abyme (concours de poésie, représentation de Vénus/ théâtre de guignol)

-          Univers pictural : banquet chez Cherea : parodie de « La Cène » de Léonard de Vinci

 

COSTUMES  et accessoires :

-          C en chemise de nuit/pyjama : insomniaque + hanté par des fantômes (Drusilla), cauchemars

-          C en deux couleurs symboliques de sa double personnalité : blanc = côté humain, doré/rouge = côté tyrannique

-          Brassards des Patriciens = symbole du deuil

-          Têtes de cerf : C en chasse = côté sanguinaire

-          Absence de miroir (pourtant motif récurrent dans le texte) = volonté de refuser lecture psychanalytique de la pièce -> le miroir c’est le public cf réplique finale en direction du public (ajout) : « Caligula c’est nous »

 

MUSIQUE :

-          Pas d’intermède musical comme le suggérait Camus, mais des cris d’âne = absurde/comique de situation dans la scène du concours de poésie, et des musiques hétéroclites (avec xylophone, instrument enfantin ? + sonorités antiques ?)

 

       Le PERSONNAGE de Caligula :

-          Homme/enfant, insomniaque, torturé par ses peurs, sa tristesse, mais certaine noblesse dans son besoin d’impossible,

-          Refus de le rapprocher d’Hitler ou de tyrans contemporains

-          Présence de Drusilla sur scène (monologue rapporté par Caligula dans le texte ?) importante, car sa mort est le point de départ de sa folie ; elle symbolise le « bonheur » qui contraste avec les cadavres dans la scène finale.

 

Conclusion : voir titre de l’article du Figaro : « Caligula, l’enfant tyran »

 

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