Caligula - Bac blanc : proposition de corrigé n°2

 

Bac Blanc 2O12 (O.E. Théâtre)

Proposition de corrigé (partiellement rédigé) pour l’écriture d’invention

 

Sujet : Débat entre 2 interlocuteurs : théâtre d’idées ou de divertissement ?

 

Partir de la représentation au TNN de Caligula d’Albert CAMUS, mise en scène de BISSON. Les élèves qui ont suivi les programmes de sorties théâtrales du Lycée avaient amplement matière à illustrer une argumentation de base !

 

A-     Déception après la représentation de Caligula : adhésion difficile vu la distance historique (problème d’identification aujourd’hui à un  empereur romain)

B-     Personnage de Caligula toujours d’actualité : problématique du tyran sanguinaire. Distance vite abolie par l’universalité du propos. Autre exemple : Des Jours et des Nuits à Chartres de Henning MANKELL (TNN 2010 mise en scène de BENOUIN) qui soulève le problème des femmes tondues à la Libération, mais aussi le sujet universel de la tolérance, de la différence.

A-     Mais ce type de théâtre « intellectuel » ennuie le spectateur : quel intérêt aujourd’hui pour les états d’âme d’un vieux monarque comme le Ferrante de La Reine Morte de MONTHERLANT (texte du corpus) ?

-> Préférence pour un théâtre divertissant, même d’une autre époque, mais qui fait rire : la farce et les coups de bâton dans Les Fourberies de Scapin de Molière (toujours efficace)

B-     Pourtant Montherlant propose une réflexion toujours intéressante sur le pouvoir et ses limites, et sur le vieillissement…

Importance dans tous les cas d’un théâtre d’idées qui parle de l’homme, de la condition humaine et fait réfléchir aux problèmes de société. Le théâtre engagé comme celui de Camus (Les Justes) ou de Sartre (Les Mains sales) nous interroge sur des questions politiques pérennes comme le terrorisme.

D’ailleurs, même dans Les Fourberies, Molière s’élève contre les mariages arrangés qui contrarient la volonté des jeunes gens concernés, et c’est peut-être le sujet le plus intéressant de la pièce.  

A-     Certes, mais  le  théâtre d’idées impose trop souvent des sujets difficiles, voire

incompréhensibles. Que penser de Notre-Dame-des-Fleurs, adaptation du roman de Genet daté de 1942 (mis en scène par Antoine BOURSEILLER, TNN 2010) dont l’objectif est obscur, voire hermétique ?

B-     Le théâtre permet de réfléchir et de s’ouvrir à d’autres points de vue sur le

monde. Et Genet nous interroge sur la sexualité, l’emprisonnement, la mort… avec une poésie, certes crue, mais pathétique. Tout comme il nous interpelle sur les relations maître/valet dans Les Bonnes. C’est la fonction cathartique du théâtre qu’ARISTOTE vantait déjà dans l’Antiquité. 

C-     Il n’en reste pas moins que je préfère un théâtre moderne, vivant, qui fait appel

à tous nos sens en présentant un spectacle varié, visuel, musical, qui renoue, par exemple, avec le cirque, comme le très divertissant Looking for Mr Castang (ou Miam-Miam) d’Edouard Baer (TNN 2009)

A-     Mais E. Baer jette aussi un regard corrosif sur la société de consommation … !

En fait, l’idéal, pour nous mettre d’accord, est donc un théâtre qui renoue avec la devise des classiques : « placere et docere » (du poète latin Horace)                  

 

Rappel méthodologique :

L’écriture d’invention est souvent de type argumentatif et doit donc être illustrée d’exemples pertinents (pris dans le corpus et dans d’autres lectures, ou ici spectacles). 

 

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