De jeunes poètes de Grasse

Voici quelques petits poèmes écrits par des élèves de 6°1 du collège Carnot de Grasse sur le thème du Printemps des Poètes : « Le chant des villes ».

Cette classe à PAC, à dominante " Littérature-poésie-livre jeunesse", a découvert la poésie contemporaine à travers des lectures, des rencontres, des visites et des expositions à la Bibliothèque municipale et à la Maison de la Poésie.

L’écrivain Sophie Braganti a incité les élèves à écrire un texte sur « le chant de la ville, du collège à la Maison de la Poésie ». Les enfants ont signé leur texte par l’anagramme de leur nom.

 

 

L'homme

 

Une fenêtre s'ouvre sur Grasse.

Un homme se penche,

tombe.

 

Les gens s'inquiètent,

appellent les pompiers

qui viennent le chercher.

 

J'ai vu un homme s'approcher de moi.

Il me parle, je lui réponds

de ces paroles qui m'éclairent.

 

Des enfants sur le trottoir

me regardent bizarrement.

Ils crient, ils pleurent, ils râlent.

 

En clair, ils ont peur

de me voir.

Radar Barimon

 

Sa vie à elle

 

Mes yeux s'emplissent de la rue.

Un soleil enfantin fait chanter les ocres,

une symphonie de couleurs éclate sur la ville,

les toits semblent s'élever vers la lumière.

 

Comme d'innombrables ruisseaux,

les ruelles cascadent,

se jettent soudain dans les places,

puis reprennent leur cours échevelé pour rejoindre la mer.

 

Des senteurs subtiles

de rose et de jasmin se marient,

le bruit tinte clair dans l'Azur.

Grasse, tu chantes, tu illumines, tu respires, ... tu vies.

Americanos Lalas

 

Le matin grognon!

 

 

La nuit s'avance.

Le jour commence à poindre.

Une fenêtre s'ouvre sur Grasse ...

 

Ça siffle et sonne,

ça gratte et grogne.

C'est le matin!

 

Il nous regarde avec mépris.

Quand il a une grosse maladie,

il nous montre sa colère

en se mouchant sur nos cratères.

 

En clair, il est méchant,

il nous terrorise

comme un géant.

Mais quand la nuit arrive,

il disparaît comme par surprise.

Tilt! Lui jela

 

 

La vie à la ville

 

La nuit s'avance,

le jour commence à poindre,

une fenêtre s'ouvre  sur Grasse.

 

De ma maison je sors.

De joie chantent, dansent les oiseaux.

 

Les voitures démarrent en grondant,

freinent en sifflant.

 

Dans la rue les fontaines coulent,

les gens toussent, gloussent, se mouchent.

 

Les cloches sonnent

pour annoncer un mariage.

Boumi Zi Dien.

 

 

Que contient le cœur des Grassois

 

On entend la porte

qui se ferme.

Les clés toussent

comme des personnes.

 

Les feuilles parlent,

la poussette grince.

L'eau des fontaines,

c'est agréable.

 

La bétonnière, les constructions,

ça fait du bruit.

Les enfants

sont contents.

 

Quand le parfum

des fleurs parfume l'atmosphère,

les abeilles butinent

pour saliver du miel crème.

JalonAnonai

 

Les bruits de Grasse

 

Les habitants retournent chez eux.

Les gens se mouchent, marchent et parlent entre eux.

Sur le chemin de ma maison j'entends de la musique,

les portes claquer,

des talons claquer, des poussettes grincer,

des bébés pleurer.

Et moi j'ai fait tomber mes clefs

J'ouvre ma porte et je la referme aussitôt.

Tout le monde est de retour et la ville de Grasse s'est vidée.

Statia Dona Wiski

 

 

L'homme invisible...

 

Une douce odeur resurgit à la surface de ma vie

comme dans mon enfance

qui s'éloigne petit à petit.

 

Un homme se tient devant moi, il me regarde.

Je le regarde aussi,

on se regarde les yeux dans les yeux.

 

Je me retourne,

un autre puis encore un autre et puis encore et encore

à ma droite à ma gauche on entre dans un cercle vicieux.

 

Il y en a partout.

Serait-ce moi qui deviens folle ?

 

J'entends des bruits

des bébés qui gémissent

le vent qui fait bouger les branches des arbres

 

les gens qui parlent

les bruits de la ville,

de la ville de Grasse.

TORTUAIR BAC VITE

 

La nuit animalière

 

La nuit s'annonce.

Je vois la couleur traître d'un poisson rouge,

s'illuminant sur les Grassois.

La nuit tombe comme un poisson chat.

J'entends les talons d'un chaton marteler le sol

des sanglots longs des fontaines.

Commence «LA NUIT ANIMALIERE DE LA HAINE»

Amere Hambri

 

Ville en sanglots

 

Une fenêtre s'ouvre à Grasse...

 

Les arbres se défeuillent en mille couleurs.

 

Les fontaines aux gouttes d'argent

fondent en éclats multicolores.

 

Les passants font résonner leurs clés de cristal

sur les portes du monde.

 

Quand on croise des regards glacés

dans cette grande ville

on se sent désarmé.

 

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