Préparations d'élèves de 2nde (sections internationales).

Préparations d'élèves de 2nde de section internationale

(Lycée international de Valbonne ; Centre international de Valbonne)

 

civ

 

 

Séquence n°1 :

 

Le roman et son évolution du XVIIème au XXème siècle.

 

Groupement de textes n°1 : La rencontre amoureuse.

 

Objets d'étude : le genre narratif ; le travail de l'écriture.

 

Problématique : Quelles sont les principales caractéristiques du genre narratif?

 

Lecture analytique n°2 (GT1) : extrait de Manon Lescaut, de l'abbé Prévost :

 

 

Mais il en resta une, fort jeune, qui s'arrêta seule dans la cour, pendant qu'un homme d'un âge avancé, qui paraissait lui servir de conducteur, s'empressait pour faire tirer son équipage des paniers. Elle me parut si charmante que moi, qui n'avais jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d'attention, moi, dis-je, dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue, je me trouvai enflammé tout d'un coup jusqu'au transport. J'avais le défaut d'être excessivement timide et facile à déconcerter ; mais loin d'être arrêté alors par cette faiblesse, je m'avançai vers la maîtresse de mon coeur. Quoiqu'elle fût encore moins âgée que moi, elle reçut mes politesses sans paraître embarrassée. Je lui demandai ce qui l'amenait à Amiens et si elle y avait quelques personnes de connaissance. Elle me répondit ingénument qu'elle y était envoyée par ses parents pour être religieuse. L'amour me rendait déjà si éclairé, depuis un moment qu'il était dans mon coeur, que je regardai ce dessein comme un coup mortel pour mes désirs. Je lui parlai d'une manière qui lui fit comprendre mes sentiments, car elle était bien plus expérimentée que moi. C'était malgré elle qu'on l'envoyait au couvent, pour arrêter sans doute son penchant au plaisir, qui s'était déjà déclaré et qui a causé, dans la suite, tous ses malheurs et les miens. Je combattis la cruelle intention de ses parents par toutes les raisons que mon amour naissant et mon éloquence scolastique purent me suggérer. Elle n'affecta ni rigueur ni dédain. Elle me dit, après un moment de silence, qu'elle ne prévoyait que trop qu'elle allait être malheureuse, mais que c'était apparemment la volonté du Ciel, puisqu'il ne lui laissait nul moyen de l'éviter. La douceur de ses regards, un air charmant de tristesse en prononçant ces paroles, ou plutôt, l'ascendant de ma destinée qui m'entraînait à ma perte, ne me permirent pas de balancer un moment sur ma réponse. Je l'assurai que, si elle voulait faire quelque fond sur mon honneur et sur la tendresse infinie qu'elle m'inspirait déjà, j'emploierais ma vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents, et pour la rendre heureuse. Je me suis étonné mille fois, en y réfléchissant, d'où me venait alors tant de hardiesse et de facilité à m'exprimer ; mais on ne ferait pas une divinité de l'amour, s'il n'opérait souvent des prodiges. J'ajoutai mille choses pressantes. Ma belle inconnue savait bien qu'on n'est point trompeur à mon âge ; elle me confessa que, si je voyais quelque jour à la pouvoir mettre en liberté, elle croirait m'être redevable de quelque chose de plus cher que la vie.

 

Préparation de Laura S. :

 

Quels sont les éléments du texte qui montrent que l’un des personnages est naïf, au contraire de l’autre, plus mûr ?

 

Dans l’extrait de Manon Lescaut, de l’Abbé Prévost, nous assistons à la première rencontre entre le chevalier Des Grieux et Manon Lescaut, une « belle inconnue » (l.46). Celui-ci tombe instantanément sous le charme de Manon et malgré sa timidité, décide de l’aborder.

 

Nous nous apercevons vite que le premier personnage, le chevalier Des Grieux, est un jeune homme peu expérimenté, c’est la première fois qu’il tombe amoureux et il est donc un peu perdu. Il se décrit d’ailleurs lui-même comme quelqu’un « qui n’avait jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d’attention » (l.5 à 7) et nous avoue avoir « le défaut d’être extrêmement timide et facile à déconcerter » (l.9 à 10).

L’Abbé Prévost introduit donc un personnage jeune, peu sûr de lui et peu expérimenté. Mais qui va, malgré tout, faire le premier pas vers la « maîtresse de son cœur » (l.12)

 

En opposition, nous avons l’inconnue, une jeune fille assez ouverte, qui a, bien qu’elle soit plus jeune que lui, déjà eu quelques relations. Le chevalier Des Grieux nous le dit lui-même : « elle était bien plus expérimentée que moi » (l.21). Elle est d’ailleurs à Amiens dans le but de devenir religieuse pour  « arrêter [] son penchant au plaisir » (l.24).

Nous n’en savons pas beaucoup plus sur elle, mais elle ne paraît ni embarrassée des avances du chevalier, ni gênée de parler de ses penchants, ce qui la rend presque suspecte, manipulatrice. De plus, elle a bien compris les sentiments du chevalier envers elle et semble en jouer, comme en témoignent « la douceur de ses regards, un air charmant de tristesse » (l.33-34)

Grâce à son expérience face aux relations amoureuses, elle peut facilement cacher ses propres sentiments ou faire croire au chevalier qu’elle est sincèrement tombée amoureuse de lui alors que ce n’est pas (encore) le cas. Pour l’instant Manon joue de ses charmes. Ses parents veulent l’envoyer au couvent, elle, ne le veut pas, le chevalier fou d’amour pour elle ferait tout pour l’aider, alors elle en profite.

 

Nous avons donc dans cet extrait deux personnages en opposition l’un par rapport à l’autre.

Le premier, jeune, inexpérimenté, « enflammé [] jusqu’au transport » (l.8-9), et est prêt à tout pour son nouvel amour, ce qui montre sa naïveté face à sa relation.

La seconde, elle, est plus expérimentée, et elle n’a aucun doute sur sa future relation. Elle sait ce que ressent le chevalier à son égard. Il nous dit lui-même que « [sa] belle inconnue savait bien qu’on est bien trompeur à [son] âge » (l46-47). Elle est donc plus mûre et paraît presque manipulatrice.

 

Laura S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.

 

 

 

 

Prvost

 

 

 

 

 

Préparation de Giulia C. :

 

L’auteur nous présente deux personnages : d’abord, le chevalier des Grieux, puis une jeune fille, Manon Lescaut. Il nous décrit leur première rencontre. L’un des deux est naïf, cependant que l’autre a un comportement plutôt mûr.

Le chevalier des Grieux est le personnage naïf. Bien qu’il ait dix-sept ans, il n’a jamais eut d’intérêt pour les filles, comme le prouvent les citations : « jamais pensé à la différence des sexes » (l-5-6), « ni regardé une fille avec un peu d’attention » (l-6-7). Il n’a jamais été attiré par une fille (« tout le monde admirait la sagesse et la retenue » (l-7-8)), il n’a jamais vraiment discuté avec elles et il est sensible aux jugements des autres, capables de le dissuader. Cela est prouvé par l’expression « excessivement timide et facile à déconcerter » (l-10). En revanche, son amour pour Manon Lescaut le pousse à surmonter ses défauts (« loin d’être arrêté alors par cette faiblesse » (l-11)).

En opposition au chevalier, Manon est beaucoup plus sûre d’elle et moins timide, commùe l’illustre l’expression la concernant : « sans paraître embarrassée »  (l-14), bien qu’elle ait moins de dix-sept ans. Elle est donc « moins âgée que [lui] » (l-13). La jeune fille est ainsi plus mûre malgré son jeune âge. Elle est envoyée au couvent pour devenir religieuse, à cause de ses nombreuses relations : « on l’envoyait au couvent, pour arrêter sans doute son penchant au plaisir. » (l-23-24). Au contraire d’elle, le chevalier est en train de connaître son premier amour. L’héroïne est bien sûr beaucoup moins gênée que son prétendant, étant donné son expérience (« elle était bien plus expérimentée que moi » (l-22-23)).

Le chevalier, bien qu’il ait vu Manon pour la première fois depuis seulement quelques minutes, tombe éperdument amoureux d’elle, et compare le fait que la jeune fille est envoyée au couvent à la mort, comme le montre la citation « un coup mortel pour mes désirs » (l-20). Manon se comporte ensuite comme une victime et essaye de susciter la pitié du chevalier, car elle a compris que le jeune homme éprouvait des sentiments pour elle (« qui lui fit comprendre mes sentiments » (l-21-22)). Elle se dit malheureuse, cherchant une solution à ses problèmes : « elle allait être malheureuse » (l-31), « volonté du Ciel » (l-31). Voyant la jeune fille triste, avec la « douceur de ses regards » (l-33) et son « air charmant de tristesse » (l-34), le chevalier s’engage, sans réfléchir, guidé par son amour, à la sauver du sort que lui ont infligé ses parents, à n’importe quel prix. On le comprend grâce aux expressions  « ne me permirent pas de balancer un moment sur ma réponse » (l-36-37) et « j’emploierai ma vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents et pour la rendre heureuse » (l-40-41).  Le chevalier ne se rend pas compte de ce qu’il vient de dire : « je me suis étonné mille fois » (l-41-42). Il promet quelque chose de difficile à réaliser, à savoir lui « être redevable de quelque chose de plus cher que la vie. » (l-49-50). En effet, Manon se réjouit de cette promesse, qui pourrait lui changer la vie.

 

 


 

 

 

Giulia C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prvost


 

 

Préparation de Jeanne D. :

 

Dans cet extrait du roman Manon Lescaut de l’Abbé Prévost, nous observons grâce à plusieurs éléments que l’un des deux personnages, le chevalier Des Grieux, est plutôt naïf à cause de son manque d’expérience en matière amoureuse tandis que l’autre personnage, Manon paraît bien plus mûre, plus expérimentée et surtout très maligne.

Dans la toute première partie du texte, le chevalier Des Grieux est présenté comme un personnage très peu expérimenté en matière de relation amoureuse, il n’avait en effet « jamais pensé à la différence des sexes, ni regarder une fille avec un peu d’attention ». Il semble être également très réservé « très timide et facile à déconcerter » et peut-être même associable.

Malgré le fait qu’il n’ait jamais eu de relation amoureuse, il semble tomber immédiatement amoureux de Manon la considérant déjà comme la « maîtresse de [son] cœur » alors qu’il ne l’a jamais rencontrée ni vue auparavant. Cette précipitation semble assez étrange et naïve de sa part même s’il semble à première vue dominer la situation du fait de sa grande capacité élocutoire, sa « facilité à [s’] exprimer » et son « éloquence scolastique ».On se rend compte très vite que le chevalier Des Grieux est incapable de dissimuler ses sentiments comme le montre la citation « ne permirent pas de balancer sur ma réponse ».

 

De plus, le fait  qu’il pense pouvoir sauver sa bien-aimée de sa situation illustre très bien sa naïveté, il pense en effet être son héros, il prêt à tout pour sauver une personne en qui il ne sait même pas s’il peut avoir confiance : « j’emploierais ma vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents et pour la rendre heureuse. ».

 

 

 

D’une autre part la jeune inconnue, Manon, semble déjà plus mûre et « bien plus expérimentée » que lui notamment en matière de relations amoureuses puisque « c’était malgré elle qu’on l’envoyait au couvent, pour arrêter sans doute son penchant au plaisir », cela montre déjà qu ‘elle a une longueur d’avance sur Des Grieux, elle a sûrement déjà eu plusieurs relations amoureuses, elle sait donc ce qui l’attend et elle est capable de dissimuler ses sentiments.

 

Au début de la rencontre, Manon semble être dominée par Des Grieux qui paraît détenir le premier rôle, mais on se rend compte très vite que c’est en fait Manon qui domine Des Grieux , elle joue un double jeu pour  se servir de lui pour la sortir de sa situation, elle le manipule en l’envoûtant, le charmant, grâce à « la douceur de ses regard », elle prend « un air de tristesse », elle se fait passer pour une jeune fille naïve en lui parlant « ingénument », lui laissant croire alors qu’il la domine.

 

Le chevalier Des Grieux, manquant d’expérience, se fait complètement dominer par Manon, il ne se rend pas compte qu’elle le manipule, qu’elle se sert de lui, il tombe dans le piège.

 

Cela est une preuve de naïveté et de manque d’expérience.

 

 

 

Pour conclure, dans ce texte, les deux personnages s’opposent. Le chevalier Des Grieux se révèle comme un personnage excessivement naïf  à cause de son manque d’expérience tandis que Manon, au contraire de ce que l’on peut croire après une première lecture rapide, est un personnage très mûr, expérimenté, et malin.

 

 

 

Jeanne D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.

 

Connexion