Les procédures d'accueil

Les procédures d’accueil

 

L’accueil de ces élèves est, en soi, délicat à maîtriser : les jeunes n’arrivent pas seulement à la rentrée, mais tout au long de l’année. L’Éducation Nationale n’est pas seule responsable de l’accueil des élèves étrangers, même si c’est en son sein qu’ils étudieront généralement. Divers organismes entrent en jeu lors de l’accueil ou de l’orientation.

 

Les partenaires

Le FAS

Le Fonds d’Action Sociale est un établissement public qui a pour mission de « concourir à l’insertion sociale, professionnelle, culturelle des travailleurs immigrés et de leurs familles »[1]. Si l’Éducation nationale est responsable de la scolarité des enfants, le FAS se situe en accompagnement ; il joue un rôle de partenaire et d’incitateur ; il peut être amené à intervenir, soit pour des projets spécifiques et ponctuels, soit en périphérie de l’école (par exemple, les accompagnements scolaires), soit dans la formation des personnels.

 

Le FASILD

Le Fonds d’Action et de Soutien pour l’Intégration et la Lutte contre les Discriminations est un établissement public national à caractère administratif. Une des cinq directions thématiques qui occupent les personnels du FASILD est la « Mission accueil des prmo-arrivants ». Il a pour mission de mettre en oeuvre des actions visant à l'intégration des populations immigrées ou issues de l'immigration résidant en France ainsi qu'à la lutte contre les discriminations dont elles pourraient être victimes. Pour ce faire, le FASILD accorde près de 9000 subventions à plus de 5000 associations et organismes.

 

Les MGI

Les Missions Générales d’Insertion s’adressent à tous les jeunes, en particulier à ceux qui sont sortis du système scolaire sans diplôme. Elles ont pour objectif de sensibiliser tous les acteurs du système éducatif à l’insertion et de prévenir les ruptures scolaires. Les MGI impliquent l’engagement de tous les acteurs du système éducatif. Les chefs d’établissements et les centres d’information et d’orientation effectuent par exemple un recensement des jeunes sortant du système scolaire sans solution immédiate de poursuite d’étude ou d’insertion. Des entretiens permettent de faire le point sur la situation de ces jeunes et d’envisager avec eux des solutions adaptées. Les MGI proposent également des actions spécifiques sous statut scolaire à des jeunes de plus de 16 ans sortis depuis moins d'un an du système scolaire.

 

 

Les plateformes d’accueil

 

Pour accueillir les futurs élèves et leurs parents, des plateformes d’accueil ont été mises en place dans certaines académies. À Montpellier, par exemple, l’Éducation Nationale détache des personnels dans le cadre du contrat de ville, le conseil général finance les locaux et le FASILD les activités et certains intervenants.

Le premier entretien a lieu avec les familles pour ouvrir un dossier et délivrer des informations de base sur l’environnement sanitaire, social et scolaire. Les dossiers doivent permettre de préciser les conditions familiales et la nature du projet d’immigration.

Dans un second temps, des sessions d’évaluation des connaissances scolaires sont organisées en début d’année et en cours d’année selon la densité des arrivées. Ces tests sont aménagés par les académies ; dans certains départements, les nouveaux arrivants sont évalués en français uniquement, ailleurs, on prendra en compte leurs connaissances en langue d’origine ou en mathématiques. A la suite de ces tests, les élèves sont orientés vers les structures d’accueil qui correspondent à leur âge et à leur niveau, lorsqu’elles existent. Cependant, les failles restent nombreuses dans le système : les enfants attendent parfois plusieurs mois avant d’être affectés ; la classe d’accueil est parfois loin du domicile ; ces obstacles risquent de nuire à la motivation. Pourtant, ces élèves sont généralement très motivés au moment de leur arrivée ; la scolarisation en France est vécue pour certains d’entre eux comme une promesse de réussite scolaire et sociale ; la sociologue Claire Schiff montre à quel point ils peuvent construire un projet sans tenir compte des facteurs extérieurs : un rapport à la fois « plus enfantin » et « plus adulte » leur fait « percevoir l’école française comme le moyen d’accomplir des ambitions professionnelles, parfois irréalistes » et « les propos des jeunes primo-arrivants révèlent une croyance profonde en l’efficacité du travail individuel dans la réussite, tant scolaire que professionnelle », « un optimisme […] et une indifférences aux réalités sociales ».[2]

 



[1] Circulaire de la direction des Populations et des migrations du 20 mars 1990.

[2] Claire SCHIFF, « Les adolescents primo-arrivants au collège. Les contradictions de l’intégration dans un univers en tension », VEI Enjeux, n°125, juin 2001, p. 187.

 

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