Le parfum : dossier de presse

 

Le Parfum Extraits du dossier de presse

 

 

Le synopsisJean-Baptiste Grenouille naît en 1744. Dès ses premières heures, il connaît un destin aussi fascinant qu’effrayant. Enfant solitaire, malade, il devient un jeune homme à part grâce à un don unique : son odorat. Grenouille n’a pas d’autre passion que celle des odeurs, et chaque seconde de sa vie est guidée par ce sens surdéveloppé. Survivant misérablement, il parvient à se faire embaucher comme apprenti chez les maîtres parfumeurs de la capitale. Il découvre alors les techniques et les secrets de la fabrication des parfums. Son don lui permet de composer quelques chefs-d’œuvre olfactifs, mais son but ultime devient rapidement la mise au point de la fragrance idéale, celle qui lui permettrait de séduire instantanément tous ceux qui croiseraient son sillage. Dans sa recherche d’ingrédients, Grenouille est irrésistiblement attiré par le parfum naturel des jeunes filles. Il va aller jusqu'à en tuer beaucoup pour leur voler leur odeur… Génie monstrueux, meurtrier hermétique aux valeurs du monde, Grenouille sème la peur dans son périple à travers le pays, et ceux qu’il croise sont maudits. Son parfum absolu est désormais son obsession. Rien ne l’arrêtera dans sa quête d’un pouvoir à nul autre pareil…

 

L’approche du réalisateur Tom Tykwer« Le roman est complexe, c’est une étrange épopée intimiste. Mon attirance vient probablement du fait que son thème ne m’est pas étranger : le désir profond de nouer des liens est récurrent dans mes films. Ici aussi, nous avons un personnage qui se bat pour obtenir amour et reconnaissance. Grenouille attire l’attention sur lui parce qu’il est avide de relations humaines. Mon objectif, dès le début, a été de faire un film qui ait un côté moderne tout en gardant la véracité de l’époque, celle de Louis XV. Mais le cœur du film reste l’histoire d’une terrible solitude, celle d’un homme privé d’amour qui se réfugie dans un monde sensoriel dénué de toute forme de relations sociales et de morale. L’isolement de cet homme est bouleversant, tout comme l’est son besoin d’affection qui le pousse à tuer. Chacun cherche un jour à donner un sens à son existence ; Grenouille aussi, mais d’une façon consternante. C’est un personnage tragique, un être à part, à la fois excentrique et extrêmement discret. Il fallait concilier le rythme de narration d’aujourd’hui et l’esprit d’un temps révolu que nous voulions faire revivre. »

 

La traduction du génie olfactif de Grenouille au cinéma selon le producteur Bernd Eichinger« L’odorat n’est pas palpable à l’écran, pas plus qu’il ne peut l’être dans un livre. Tout le talent de Süskind a été de conduire le lecteur, grâce aux mots, à entrer dans l’univers du héros, révélé uniquement par les odeurs. Nous avons essayé de procéder de la même manière, mais avec un langage différent, un langage composé de sons, de musique, de dialogues et bien sûr, d’images, comme celle de cette prairie baignée par la musique du printemps, par exemple. Ces images dégagent des impressions non seulement visuelles, mais odorantes… »

 

Le personnage de Grenouille« Le personnage principal ne correspond pas à notre représentation des tueurs en série dans la mesure où il n’est ni obsédé par le sexe, ni avide de sang. Patrick Süskind nous le présente un peu comme un autiste. Il n’a pas d’amis et vit dans la misère. Son odorat extraordinaire le distingue des autres. Il perçoit le monde à travers les odeurs et veut se les approprier. Malheureusement, pour cela, il doit d’abord tuer. Son personnage n’est pas un héros luttant contre le mal et finissant par triompher. Il n’y a pas d’opposition entre le bien et le mal dans le roman puisque, privé d’amour, de lien social ainsi que du sens de la gratitude et des responsabilités, Grenouille ne connaît pas de morale. Il est introverti et parle peu. Nous n’avions donc pas la possibilité de le révéler à travers les dialogues. Nous devions passer par des chemins détournés pour accéder à sa psychologie. Grenouille est un perfectionniste, comme en témoigne sa passion obsessionnelle à vouloir fabriquer le philtre d’amour ultime, qui permet à celui qui le porte d’être aimé, adulé de tous. Articuler un film autour d’un tel personnage est un défi aux lois de l’écriture d’un scénario. Le héros ne sait même pas qu’il appartient au genre humain. Il est amoral. Impossible donc de s’identifier à lui. Il nous fallait comprendre ses motivations, amener le spectateur à être fasciné par son obsession. Si vous comprenez l’obsession de Grenouille, vous pouvez éprouver de l’empathie pour lui. » (Bernd Eichinger, producteur).

 

« Pour incarner Jean-Baptiste Grenouille, nous cherchions un comédien à la fois innocent et mystérieux, qui soit jeune tout en donnant l’impression d’avoir déjà une certaine expérience de la vie. Nous ne cherchions pas un acteur connu, mais il fallait qu’il ait la carrure nécessaire à une production internationale. » (Tom Tykwer, réalisateur).

 

« Ben Whishaw a parfaitement saisi la psychologie de ce personnage tragique. Sa quête obsessionnelle de la création du parfum ultime est basée sur deux principes : d’une part, le désir inconscient d’être aimé, et de l’autre, la peur d’être invisible, cette peur primale d’être seul au monde. C’est la peur qui le motive. » (Bernd Eichinger).

 

« Tom et moi avons observé différentes espèces, dont les prédateurs comme les tigres ou les léopards. Nous nous sommes finalement mis d’accord sur un ancien primate, le loris, qui appartient à la famille des lémuriens. Bien qu’il se meuve lentement, il possède une nature de chasseur impitoyable. » « Au cours de l’histoire, il (Grenouille) s’aperçoit qu’il n’a pas d’odeur. Cette révélation l’horrifie. Il n’a alors plus qu’une seule obsession : s’approprier des parfums pour se composer une fragrance humaine. » (Ben Whishaw, acteur incarnant Grenouille).

 

La re-création d’un monde« Notre film se distingue par une esthétique assez sombre, autour d’un personnage lui-même assez énigmatique. Nous nous sommes tournés vers des peintres comme Le Caravage, Joseph Wright et même Rembrandt. Les gens alors n’avaient que la bougie pour s’éclairer. A part cette source de lumière, leur univers était totalement obscur. » « L’action se déroule au XVIIIe siècle. C’est une époque assez peu précise dans l’imaginaire collectif. Elle est moins porteuse d’images fortes que le Moyen Age et le XIXe siècle. C’est un monde entre deux, qu’il fallait à la fois caractériser historiquement et restituer à travers le prisme du personnage principal. C’est un univers grouillant, vivant, moins glamour mais beaucoup plus riche et mystérieux que ce que l’on en montre d’habitude. » « Notre idée était de faire un film d’époque qui ne soit pas perçu comme un film historique typique. Dès les premières images, nous voulions installer le film dans un réalisme intense qui comble immédiatement le fossé entre un spectateur du XXIe siècle et le monde du XVIIIe siècle. Le spectateur se concentre ainsi tout de suite sur l’intrigue, sans se laisser distraire par le cadre, aussi impressionnant soit-il. » (Tom Tykwer).

 

Les costumes, reflets des personnages« Grenouille, par exemple, qui n’a pas d’odeur, possède sa propre gamme de couleurs et de textures. Il est montré comme une sorte d’ombre, de caméléon. Le blanc n’existe pas chez lui. La coupe de ses vêtements presque tous bleus est quasiment la même tout au long du film. Ainsi, c’était plus facile pour lui de rester invisible dans ce monde un peu terne. » (Pierre-Yves Gayraud, chef costumier).

 

Pour Rachel Hurd-Wood, qui joue Laura, la fille innocente du marchand, Gayraud a choisi non pas la robe régionale colorée habituelle de l’époque, mais une robe dans des tons moins vifs comme en portaient les Parisiennes, mettant ainsi en valeur ses aspirations sociales ainsi que sa magnifique chevelure rousse.

 

« Les vêtements devaient paraître sales, on devait « voir » qu’ils sentaient la transpiration… La première chose à faire une fois les costumes fabriqués était de les froisser et de les salir. » « Les acteurs, eux, ont dû porter les costumes avant le tournage de manière à les faire « vivre », à en ressentir chaque fibre. » (Tom Tykwer).

 

Le marché aux poissons et les rues de Paris« Quand nous avons transformé Barcelone en marché aux poissons de Paris, nous avons tourné avec plus de deux tonnes et demie de poissons et une tonne de viande qui ont été réparties sur toute la superficie de la place… L’odeur était épouvantable ! Nous avons sali des kilomètres de rues que nous ne pouvions filmer que de huit heures du matin à midi. Les figurants espagnols, eux, devaient se présenter au maquillage – perruques, dents gâtées… - et à l’habillage à une heure du matin parce qu’il fallait au moins six heures pour les préparer tous. Par ailleurs, il a fallu leur expliquer les notions du métier qu’ils allaient exercer dans le film. Certains étaient de vrais professionnels, comme les poissonniers par exemple. D’autres ont appris la technique spécialement pour le rôle. » (Tom Tykwer).

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