Critique d'élève

 

L'empereur de la perte

Jan Fabre, Mise en scène Gaële Bogossian, Paulo Correia, TNN, octobre 2007.

La scène est beaucoup plus petite que l'on pensait. Entourée de nos sièges en velours bleu bien classique,cette représentation scénique avait une autre dimension,le sol était recouvert de copeaux fins en platiques blanc, formant comme un nuage où se posait la scène , elle aussi un peu particulière.

Essayons de la décrire,elle arrivait jusqu'à nous , comme une sorte de toboggan reflétant chaque mouvement de Gaële Boghossian. Ensuite sur les deux côtés , en hauteur étaient posées deux sortes de morceaux de scènes , eux aussi en miroir. Les deux parts de la scène étaient encerclées d'écrans blancs de la même matière que les morceaux hachés sur le sol. Une sorte de lit, tout en haut,basculait en avant et en arrière. Les lumières au départ étaient dans les tons bleus et blancs.Tout était décalé par rapport au décors de l'amphithéâtre.

Tout débute, par l'image d'un visage, plutôt oppressante comme ambiance, avec ce fond sonore, ces phrases incompréhensibles, cette voix toute contrôlée, en tout cas c'est comme ça que nombre de personnes l'on ressenti. Puis , l'actrice se mit à dire des phrases sans sens. Nous étions dans un espace où l'on ne comprenait pas grand chose. Et pourtant le jeu de l'actrice était très poussé,passant des pleurs à la colère, de l'hystérie à la nostalgie. On se prenait à la figure toutes sortes d'émotions en même temps, et comme le personnage avait l'air de mal se maîtriser, nous-mêmes étions totalement désorientés. Son nez rouge nous avait fait rire, ses mimiques et ses reflexions comme "L'exercice enfante l'art" nous avaient totalement perdues, son rire nous avait sûrement fait un peu peur... La musique se rapprochait de notre monde , les chansons des Beatles ou encore des Rolling Stones sont du monde réel, ou plutôt devrait-on dire de notre monde rationnel dans lequel nous vivons. Puis la voix de la chanteuse se mêlait aux accords de la basse , qui eux-mêmes se mêlaient à la voix de Gaële. A chaque fois que "L'empereur de la perte" perdait le contrôle, il s'écroulait et les lumières, les sons, tout l'environnement devenait tout à coup très violent. Puis, on revenait dans un environnement plus calme, plus apaisé avec cette forme fluide et rouge qui se baladait tranquillement dans le vide sur les écrans. Ce qui était très illustratif aussi c'était le danseur, qui se collait aux phrases ou aux sentiments du personnage principal ; il interprétait tout ceci par des mouvements très lents et expressifs.

Le mot de la fin de cette pièce était très nostalgique et on ne peut pas dire que l'on s'attendait à une sorte de moment d'apaisement dans cette pièce; "My Way" , une chanson connue dans le monde entier se mit là , dans une pièce totalement absurde. C'était très osé mais en même temps , on peut supposer que maintenant "l'empereur de la perte" a trouvé , là, son repos.

Laura Haziza, 1L2, Lycée du Parc Impérial, Nice