Don Juan : du mythe à l'incarnation

Lors de l'année scolaire 2006-2007, la classe de 1L2 du lycée du Parc Impérial à Nice a été choisie pour être "classe pilote" du TNN. A ce titre, elle a été parrainée par un comédien permanent de la troupe, Frédéric de Goldfiem.

Celui-ci a animé un atelier de quatre fois deux heures avec la classe entière dans le cadre de ses horaires de français dans le but de mettre en scène la scène I-3 de Dom Juan de Molière.

Cette expérience a été l'occasion pour les élèves, de croiser deux approches très différentes du texte, deux manières de définir ce qu'interpréter veut dire.

La démarche scolaire part du texte pour revenir sur lui : tout le texte, rien que le texte. Les notions connexes d'auteur, de contexte soci-culturel, de réécriture et même de psychologie ne sont là que pour mieux l'éclairer. Le théâtre n'est dans ce cadre considéré que comme un cadre communicationnel qui impose au discours ses règles de fonctionnement.

La démarche du comédien est tout autre. Les élèves avaient préalablement lu l'oeuvre et étudié les deux premières scènes et le dénouement. F. de Goldfiem a commencé par interroger les élèves sur leur propre rapport au problème de la fidélité et a permis l'expression d'une parole libre sur ce sujet, n'hésitant pas à susciter même la gêne chez les adolescents afin de mieux les renvoyer à eux-mêmes.

Puis constatant que la croyance en Dieu n'était plus une constituante moderne du couple, il a demandé aux élèves ce qui pourrait aujourd'hui la remplacer, et donc ce qui pourrait remplir aujourd'hui la fonction de la statue du Commandeur.

Ce n'est qu'après ce long débat qu'ont pu commencer les premières lectures du texte et les premières tentatives de mise en scène.

La suite.... à suivre...