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7. Langues cultures de l'ANTIQUITE - MYTHE 1 : l'âge d'or


LE MYTHE DE L'AGE D’OR.


 SIGNAC_l_age_d_or.jpg    MATISSE_BONHEUR.jpg 
                                                  Paul Signac                                                                                                             Henri Matisse
"Au temps de l'harmonie-L'Age d'or n'est pas dans le passé, il est dans l'avenir" (1893)                                                      Le Bonheur de vivre (1905-1906)

                                                                                               
                    
 
 
  • A quels mouvements picturaux appartiennent ces deux toiles ? Développez votre réponse.
  • Quels sont les éléments qui évoquent un âge d'or dans chacune de ces toiles ?
  • Comparez ces deux représentations du bonheur.

 Les reproductions des deux tableaux ci-dessus sont disponibles en format fichier ".jpg" dans la rubrique "Téléchargements - LATIN".




 Eléments de réponses proposés par les élèves...

Les mouvements picturaux.

        Le tableau Au temps de l'harmonie - L'Age n'est pas dans le passé, il est dans l'avenir de Paul Signac appartient au mouvement pictural appelé « pointillisme ». Ce mouvement est issu de l’impressionnisme, un mouvement qui consistait à représenter seulement des impressions en délaissant ainsi les contours précis, les détails et en privilégiant l’utilisation de la couleur pour mieux traduire ces « impressions ».  
            Le pointillisme, lui, consiste à peindre par la juxtaposition de petites touches de peinture posées à intervalles réguliers en utilisant les couleurs primaires(rouge, bleu et jaune)et leurs couleurs complémentaires(orange, violet et vert) qui doivent contraster entre elles. Il n’y a pas de contours appuyés et la couleur noire est bannie par les peintres. Les petites touches de couleurs sont déposées sur la surface de la toile au lieu d’être directement mélangées sur la palette. On obtient une vibration de la couleur par la superposition des couleurs complémentaires. Ainsi tous ces petits points de couleurs produisent un mélange optique sur la rétine de l’observateur lorsqu’il est placé à une certaine distance du tableau : les petites touches se mélangent entre elles et nous donne l’impression que le tableau représente quelque chose alors qu’il n’est composé que de points de couleurs juxtaposés. (A. D.)
           Pour représenter les émotions, le rythme et le mouvement dans leurs toiles, les peintres ont utilisé une théorie sur les lignes et les couleurs. Les lignes montantes combinées aux couleurs chaudes expriment la joie tandis que les lignes qui descendent avec des couleurs froides et sombres reflètent le sentiment de la tristesse. (P. P.)
    
            Le second tableau « Le Bonheur de vivre » d’Henri Matisse appartient au mouvement pictural appelé « fauvisme ». Les sujets, les paysages, les portraits restent figuratifs mais d’une représentation simplifiée. La surface plane est privilégiée, les volumes et les profondeurs sont niés. Les formes sont modifiées et la nature est souvent représentée par des plages de couleurs pures, violentes et lumineuses. Les peintres fauves emploient des couleurs chaudes, vives et flamboyantes. On voit d’ailleurs dans le tableau de Matisse ces couleurs caractéristiques du fauvisme ; les rouges et oranges des arbres, le sol jaune, les corps un peu rouges ou jaunes parfois. Les peintres fauves désirent séparer la couleur de sa référence à un objet pour libérer sa force expressive. (A. D.)
 En effet, les fauves ont employé des couleurs violentes, pures et vives en larges aplats qui ne correspondent pas forcément à celles de la réalité (le ciel n’est pas toujours bleu ni l’herbe verte). Le fauvisme fut initié par Matisse auquel se sont joints de nombreux peintres comme Derain et De Vlaminck, eux-mêmes inspirés par Paul Gauguin et Vincent Van Gogh. (E. B.)
          Ils séparaient la couleur de sa référence à l'objet afin d'accentuer l'expression et réagissaient de manière provocatrice contre les sensations visuelles et la douceur de l'impressionnisme. (O. G.)
     Les tableaux expriment la libération de la couleur et sont représentés par de larges aplats de couleurs violentes, pures et vives avec de radieuses illuminations, d’éclatantes architectures, des scènes de famille. Il y a donc beaucoup de lumière et du plein air. La nouvelle esthétique s’appuie sur des thèmes précis comme l’opposition aux nuances de la palette impressionniste, le goût du monumental, le refus de l’évocation réaliste de la nature et les recherches de transpositions de la couleur. On trouve des visions féeriques et multicolores de ciels verts, de fleurs rouge vermillon, des arbres couleur citron, des visages couleur émeraude. (P. P.)
La couleur n'est plus attachée à un objet, elle possède une véritable valeur émotionnelle et non plus descriptive. (I. VS.)
      Les couleurs utilisées dans les tableaux ne collent pas à la réalité - Matisse a dit: "Quand je mets un vert, ça ne veut pas dire de l'herbe; quand je mets un bleu, ça ne veut pas dire le ciel."- Très vite, dans les toiles on observe une simplification des formes. Le dessin disparaît et laisse place à des taches colorées, de surfaces posées en touches épaisses et larges de couleurs pures. C'est une expression sensuelle et spontanée.
             Le terme "fauve" peut exprimer l'aspect nature, vif, spontané presque sauvage de l'emploi de la couleur. Les œuvres du fauvisme vont ouvrir les portes à une abstraction de plus en plus marquée de l'image, jusqu'à aboutir à l'art abstrait. (C. C.)
 

Analyse des tableaux.
 
« Au temps de l'harmonie -L'Age n'est pas dans le passé, il est dans l'avenir », (1893), Paul Signac

Dans le premier tableau de
Signac, ce qui évoque un âge d’or est l’harmonie qui semble régner entre tous les personnages. De plus personne ne travaille, à l’arrière plan les machines agricoles sont délaissées dans les champs, un travailleur a abandonné sa pelle à ses pieds. La nourriture semble pousser toute seule sans l’intervention humaine. En effet on voit un homme cueillir des fruits dans un arbre au premier plan et derrière lui, on voit une réserve de nourriture ; du pain, du vin et une jarre alors qu’aucun d’entre eux ne travaille. L’eau non plus ne manque puisqu’on voit un plan d’eau, peut-être une mer ou un lac où navigue un bateau.
Tout le monde semble détendu et chacun fait ce qui lui plait, certains dansent, lisent, cueillent des fleurs, les enfants sautent à la corde, deux hommes au premier plan semblent participer à un jeu car ils tiennent une boule dans leur main, quelqu’un peint. A l’arrière plan, on voit des hommes paisiblement assis sous l’ombre d’un arbre : la violence et la discorde sont absentes de ce monde. On a l’impression qu’il fait chaud, ce n’est pas une chaleur étouffante mais plutôt douce et agréable. Tout dans ce tableau reflète une sérénité inégalable, le bonheur de vivre simplement et l’insouciance des gens, ce monde est perçu comme idéal : c’est en cela que ce tableau représente un âge d’or. (A. D.)
 
 


« Le Bonheur de vivre »,
(1905-1906), Henri Matisse
 

Dans le second tableau de
Matisse, de même que dans celui de Signac, personne ne travaille. Chacun vaque à ses occupations ; certains jouent de la musique avec une flûte, un même joue pour des chèvres, d’autres sont couchés à terre, s’enlacent tandis que d’autres dansent en se tenant la main en formant une ronde. Ils sont en accord avec la nature, avec tout ce qui les entoure. Même si on ne voit pas vraiment l’expression de leurs visages, ils semblent tous être heureux et insouciants, ils vivent au jour le jour. La nourriture n’a pas l’air de manquer car les personnages ne sont pas bien maigres et l’eau non plus puisqu’on aperçoit un plan d’eau au milieu, à l’arrière-plan du tableau. L’eau et la nourriture traduisent un certain confort, les personnages n’ont pas à se soucier de trouver de quoi manger et boire. 
Les couleurs chaudes et vives du tableau renforce son côté chaleureux et accueillant. La ronde des personnages évoque l’harmonie, la bonne entente de tout le monde et montre que la guerre et le désaccord n’existent pas. L’âge d’or que nous montre Matisse semble comme dans le tableau de Signac, représenter un monde idéal pour tous. (A. D.)





Comparaison et interprétation.
 


La fin du XIXème et le début du XXème siècle est une période politiquement et économiquement sombre pour la France. Certains artistes comme Matisse et Signac, mus par
un idéal de régénération, prennent leurs distances avec la modernité et partent à la recherche d’un paradis mythique

Au temps d’harmonie exprime une
croyance en un avenir meilleur : dans cette image radieuse d’un phalanstère bucolique, situé dans un cadre méditerranéen idyllique, divers personnages s’adonnent à des activités intellectuelles ou ludiques telles que la lecture, la peinture, le jeu de boules ou la farandole. Cette œuvre comporte une dimension universelle et intemporelle ; en revanche elle est chargée d’intentions politiques et sociales comme le suggèrent les vêtements à la mode des personnages et la présence d’un coq au premier plan, symbole républicain et patriotique, mais aussi révolutionnaire. Ainsi, la volonté d’édifier une société plus harmonieuse, où chacun puisse développer ses capacités personnelles et vivre en parfaite symbiose avec la nature, s’inscrit dans cette célébration de la douceur de vivre méditerranéenne.

Le bonheur de vivre est tourné vers
l’apaisement. Dans un paysage idéalisé évoquant l’âge d’or, hommes et femmes nus se prélassent ou s’embrassent ; certains jouent de la flûte, au fond de la clairière, encadrés par la frondaison des arbres, un groupe de danseurs forment une ronde.
Les rose, vert, orange, violet, jaune, rouge et bleu, couleurs vives et pures ne sont plus brossées mais posées en aplat et sont nettement délimitées, déterminant ainsi une ligne en arabesque qui court de corps en corps, de corps en arbres, des arbres au ciel, et qui unifie le tout. Une grande clarté ressort d’un ensemble en équilibre parfait.

Personnellement, je préfère le tableau de Signac qui inspire le renouveau. L’idéal est dans le futur. Ce tableau représente pour moi un message d’espoir le passé devient futur. (A-V. M.)

Ici, il y a une représentation des plaisirs
simples. Le bonheur n’est pas encore obtenu à l’aide des biens matériels mais il n’est pas absolu non plus ; le titre lui-même est évocateur : « L’Age d’or n’est pas dans le passé, il est dans l’avenir ». Cela signifie qu’on ne compte pas revenir à l’ancien âge d’or mais en créer un nouveau à l’aide du progrès.
 
Le bonheur, évoqué ici, est absolu. Les hommes, retournés à l’état primitif, ont retrouvé les plaisirs « de base ». Les personnages s’entrelacent, c’est un bonheur des sens. Ils sont nus, il n’y a donc aucun signe d’évolution ; on peut alors parler de bonheur des origines. (B. P.)

Dans « Le bonheur de vivre » les rose, vert, orange, violet, jaune, rouge et bleu, couleurs vives et pures, ne sont plus brossées mais posées en aplats d'une manière qui peut rappeler Gauguin (un des précurseurs du fauvisme) et sont nettement délimitées, déterminant ainsi une ligne en arabesque qui court de corps en corps, de corps en arbre, des arbres au ciel, et qui unifie le tout. Henri Matisse a changé la couleur qui représente chaque objet (les troncs des arbres sont verts, leurs feuilles oranges ou roses…) afin d'accentuer l'expression et réagir de manière provocatrice aux sensations visuelles et à la douceur de l'impressionnisme. Tout cela montre d’une certaine façon l’âge d’or à l’état brut, où la folie et la joie occupent la vie. (F. M.)

Dans ce XXème siècle voué aux massacres et aux violences. Le bonheur de vivre est placé sous le signe arcadien des hommes évoluant dans un Eden de rêve. (MS. M)




 

LE MYTHE DE L’AGE D’OR. 



La version et la fiche de vocabulaire sont disponibles en format fichier ".doc" dans la rubrique "Téléchargements - LATIN".

 
 

Graeci de aetate aurea claram fabulam tradebant. 2. Tum homines in magno ac pulchro horto ambulabant ibique tuti jucundam vitam agebant. 3. Caelum cuncta animalia semper delectabat. 4. Viri agros non colebant, quod fecunda terra cibum sine labore dabat. 5. Nautis numquam erant pericula, quod pisces in propinquibus fluminibus capiebant neque per alta maria naves agebant. 6. Viri saeva bella numquam videbant neque umquam proelia committebant. 7. Tum jus et leges magna cura colebant ; vis et caedes aberant quia vita cunctis sacra erat. 8. Cur tam beata tempora non semper manent ? 9. Quando homines novam aetatem auream videbunt ?


1.

Graecus, a, um : grec

de + Abl : à propos de, au sujet de

aetas, aetatis, m : l’âge, l’époque

fabula, ae, f : récit mythique, légende

trado, is, ere, tradidi, traditum : raconter

2.

tum : alors, à cette époque

homo, inis, m : l’homme

hortus, i, m : le jardin

ambulo, as, are : se promener

tutus, a, um : en sécurité, tranquille

jucundus, a, um : agréable

ago, is, ere, egi, actum : pousser, faire

vitam agere : vivre, passer une vie…

3.

caelum, i, n : le ciel

cunctus, a, um : tout entier, tout

animal, alis, n : l’animal

delecto, as, are : charmer, plaire à

4.

colo, is, ere, colui, cultum : cultiver, honorer

fecundus, a, um : fécond, prospère

cibus, i, m : la nourriture

sine + Abl : sans

labor, oris, m : le travail pénible

do, as, are, dedi, datum : donner

5.

nauta, ae, m : le marin, le matelot

periculum, i, n : le danger

piscis, is, m : le poisson

 

 

propinquus, a, um : proche

flumen, inis, n : le fleuve

capio, is, ere, cepi, captum : prendre

per + ACC : à travers

ago, is, ere, egi, actum : pousser, faire

navis, is, f : le bateau

6.

saevus, a, um : cruel

bellum, i, n : la guerre

video, es, ere, vidi, visum : voir

neque : et ne… pas

neque unquam : et ne… jamais

proelium, ii, n : le combat

committo, is, ere, misi, missum : engager

7.

jus, juris, n : le droit, la justice

lex, legis, f : la loi

magnus, a, um : grand

vis (acc. vim, abl. vi) : la force, la violence

caedes, is, f : le meurtre

(caedo, is, ere, cecidi, caesum : couper)

absum, es, esse, afui : être absent

8.

cur ? pourquoi

tam : tellement, si

beatus, a, um : heureux

tempus, oris, n : l’époque

maneo, es, ere, mansi, mansum : rester

quando ? : quand ?

novus, a, um : nouveau









 
L’AGE D’OR SELON VIRGILE.

 
Depuis la mort de Jules César (-44), Rome vit une période très difficile de guerres civiles qui voient s’opposer notamment l’ancien lieutenant de César, Antoine, et le fils adoptif de César, Octave.

Cette rivalité aboutira à la grande bataille d’Actium (-31) : Octave bat les flottes d’Antoine et de Cléopâtre. Octave ouvre ainsi une nouvelle période de prospérité : Octave prend le titre d’Auguste en -27 et devient le premier empereur de Rome.



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En -36, Virgile (-70 / -19) a 33 ans. Il commence alors la rédaction d’un poème didactique sur l’agriculture. Ce sont les 4 livres des Géorgiques (2500 vers) qui lui demanderont 7 ans d’efforts (-36 / -29). Il y évoque les cultures et les champs, l'arboriculture et la vigne, l'élevage des troupeaux et l'apiculture.

Il entreprend ce poème à la demande de Mécène, son protecteur et ami d’Octave : il veut remettre en honneur le travail de la terre italienne, abandonné pendant les guerres civiles, et ramener les Romains à la simplicité des mœurs de leurs ancêtres. De ce fait, il annonce avec le règne d'Auguste le retour d'un âge d'or.

Les paysans sont ainsi présentés comme les dépositaires des valeurs de l'âge d'or...


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Virgile compose, dans cet extrait des Géorgiques, un tableau idéalisé (idyllique) de la condition paysanne. Les paysans sont présentés comme des gens « heureux » (fortunatos). Leur bonheur tient au fait qu’ils sont « éloignés des armes en lutte » (procul discordibus armis) mais aussi au fait que « la terre leur verse une nourriture facile » (fundit […] facilem victum).

Cette peinture idéalisée répond au but politique de l’Empereur Octave Auguste : restaurer les anciennes valeurs morales en ramenant les Romains au travail de la terre italienne pour en faire de bons soldats et de bons citoyens.

Les paysans sont ainsi représentés comme les dépositaires de ces valeurs morales et des vertus mythiques de l’âge d’or. En rappelant cet âge mythique, Virgile et l’Empereur veulent rétablir un nouvel âge d’or : ce sera la future « pax Romana ».


On rapprochera ces vers des Géorgiques de la toile de Signac « L’âge d’or n’est pas dans le passé mais il est dans l’avenir » (1894), dans la mesure où l’artiste utilise le mythe dans l’espoir de recréer un nouvel âge d’or.

L’excipit du roman de Zola, Germinal, fonctionne de la même façon : le roman suggère l’arrivée imminente d’un nouvel âge d’or social.

 
NB/  De la même façon, Zola réutilise, dans son roman, le mythe antique du Minotaure et de son labyrinthe pour décrire la mine de Montsou qui dévore les mineurs...










L’AGE D’OR SELON OVIDE.
 


 
Les quatre âges (I, 87-sq.)
 


Ainsi la matière, auparavant informe et stérile, prit la figure de l'homme, jusqu'alors inconnue à l'univers. L'âge d'or commença.
[1,90] Alors les hommes gardaient volontairement la justice et suivaient la vertu sans effort. Ils ne connaissaient ni la crainte, ni les supplices ; des lois menaçantes n'étaient point gravées sur des tables d'airain; on ne voyait pas des coupables tremblants redouter les regards de leurs juges, et la sûreté commune être l'ouvrage des magistrats. Les pins abattus sur les montagnes n'étaient pas encore descendus sur l’océan pour visiter des plages inconnues. Les mortels ne connaissaient d'autres rivages que ceux qui les avaient vus naître. Les cités n'étaient défendues ni par des fossés profonds ni par des remparts. On ignorait et la trompette guerrière et l'airain courbé du clairon. On ne portait ni casque, ni épée.
[1,100] et ce n'étaient pas les soldats et les armes qui assuraient le repos des nations. La terre, sans être sollicitée par le fer, ouvrait son sein, et, fertile sans culture, produisait tout d'elle-même. L'homme, satisfait des aliments que la nature lui offrait sans effort, cueillait les fruits de l'arbousier et du cornouiller, la fraise des montagnes, la mûre sauvage qui croît sur la ronce épineuse, et le gland qui tombait de l'arbre de Jupiter. C'était alors le règne d'un printemps éternel. Les doux zéphyrs, de leurs tièdes haleines, animaient les fleurs écloses sans semence. La terre, sans le secours de la charrue, produisait d'elle-même d'abondantes moissons.
[1,110]  Dans les campagnes s'épanchaient des fontaines de lait, des fleuves de nectar; et de l'écorce des chênes le miel distillait en bienfaisante rosée. Lorsque Jupiter eut précipité Saturne dans le sombre Tartare, l'empire du monde lui appartint, et alors commença l'âge d'argent, âge inférieur à celui qui l'avait précédé, mais préférable à l'âge d'airain qui le suivit. Jupiter abrégea la durée de l'antique printemps ; il en forma quatre saisons qui partagèrent l'année : l'été, l'automne inégal, l'hiver, et le printemps actuellement si court. Alors, pour la première fois, des chaleurs dévorantes embrasèrent les airs...

Les Métamorphoses (I, 87-sq)







L’AGE D’OR SELON HESIODE.



Les deux textes d'Ovide et de Hésiode sont disponibles en format fichier ".doc" dans la rubrique "Téléchargements - LATIN".
Le poème d'Hésiode est accompagné  du texte grec original.



 Le mythe des races suit le mythe de Pandore, qui oppose déjà, sous le règne de Zeus, un bonheur avant l’ouverture de la jarre et le malheur qui en découle. La morale du mythe de Pandore est qu’il ne faut pas, comme l’a fait Prométhée, contrarier par la tromperie et la démesure les desseins de Zeus, mais s’y soumettre.


Ce mythe fait remonter l’âge d’or au règne de Cronos. Zeus conclut cet âge et c’est sous son règne que quatre autres races se succèdent, conduisant à une vision terrifiante de l’avenir : il a lui aussi une morale, adressée à Persès, frère du poète grec : il faut, dans le présent, être juste et modéré, et travailler la terre au lieu de se perdre en chicanes.
________
__ 
 

« D’or fut la première race d’hommes que créèrent les Immortels, habitants de l’Olympe. C’était au temps de Cronos, quand il régnait encore au ciel. Ils vivaient comme des dieux, le cœur libre de soucis, à l’écart et à l’abri des peines et des misères. La vieillesse misérable sur eux ne pesait pas ; mais, bras et jarret toujours jeunes, ils s’égayaient dans les festins, loin de tous les maux. Mourant, ils semblaient succomber au sommeil. Tous les biens étaient à eux : le sol fécond produisait de lui-même une abondante et généreuse récolte, et eux, dans la joie et la paix, vivaient de leurs champs, au milieu de biens sans nombre. Depuis que le sol a recouvert ceux de cette race, ils sont, par le vouloir de Zeus puissant, les bons génies de la terre, gardiens des mortels, [l’œil ouvert aux sentences et aux crimes, vêtus de brume, partout répandus sur la terre] dispensateurs de la richesse : c’est le royal honneur qui leur fut départi. Puis une race bien inférieure, une race d’argent, plus tard fut créée encore par les habitants de l’Olympe. Ceux-là ne ressemblaient ni pour la taille ni pour l’esprit à ceux de la race d’or. »

Les Travaux et les Jours. (V. 109 sq)


______



 
Les deux textes d'Ovide et de Hésiode sont disponibles en format fichier ".doc" dans la rubrique "Téléchargements - LATIN".
Le poème d'Hésiode est accompagné  du texte grec original.

 

 

 

Date de création : 20/02/2011 @ 22:23
Dernière modification : 25/01/2013 @ 09:43
Catégorie : 7. Langues cultures de l'ANTIQUITE
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