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7. Langues cultures de l'ANTIQUITE - HISTOIRE2 : Grèce du "muthos" au "logos"

      MUTHOS1_HESIODE.jpg                            MUTHOS8_SOCRATE.jpg
              de Hésiode...                                      ...à Socrate 


LA GRECE,


du MUTHOS au LOGOS...

 
1.Du CHAOS au COSMOS.
a.   CHAOS
b.   L’avènement du COSMOS.
c.   La naissance de ZEUS
d. APOLLON.
 
2.Du COSMOS à la POLIS.
a.   Du macrocosme au microcosme.
b.   Athènes : la démocratie triomphante.
c.   Du Centaure à « l’Animal Politique ».
 
3.Le DEMAGOGUE et le PHILOSOPHE,
ultimes avatars du LOGOS.
a.   De la démocratie à la démagogie.
b.   « Connais-toi toi-même ».
 
CONCLUSION.  
 MUTHOS00_FRISE.jpg
 
1.Du CHAOS au COSMOS

a. CHAOS
Le poète Hésiode (-VIII°), contemporain d’Homère, cherche à expliquer l’origine du monde en écrivant, sous le nom de Théogonie (généalogie des dieux), une grande cosmogonie (naissance de l’univers). Par un processus d’autogénèse, les puissances primitives archaïques Gaia et Ouranos enfantent, de leurs propres fonds, toute une série de monstres. Leur monstruosité provient de leur caractère hybride.
         Mais un des Titans, Cronos, se révolte et mutile son père Ouranos. Cependant il finit par dévorer ses propres enfants et maintient l’univers sous l’emprise de la haine, de la ruse, de la terreur, du désordre et de la barbarie.
MUTHOS1_HESIODE.jpg     Hésiode (- VIII°)


b. L’avènement du COSMOS.
Ces forces primitives archaïques et chthoniennes, comme la déesse-mère Gaia, finissent par être supplantées par des dieux célestes de la lumière et de la foudre, la nouvelle génération des dieux olympiens.
         Le nom même de « Zeus » repose, en effet, sur la racine indo-européenne de la « lumière », comme les mots latins deus (le dieu), dies (le jour, d’où « lundi » (« jour de la lune »), « mardi », etc.). L’univers devient un cosmos ordonné, un espace lumineux, avec Zeus et Apollon solaire, d’où peut émerger enfin la Beauté (cosmos est aussi à l’origine du mot français « cosmétique »).


c. La naissance de ZEUS.
Après avoir mutilé son père Ouranos, Cronos, qui dévorait ses propres enfants par crainte d’être détrôné, sera lui-même victime d’une ruse : Rhéa, son épouse, remplace son dernier-né par une grosse pierre entourée de langes : Cronos aussitôt l’engloutit !
MUTHOS01_OMPHALOS.jpg 
Omphalos (Delphes)
 
Zeus grandit alors en cachette sur l’île de Crète puis supplante son père à qui il fait recracher tous ses enfants. La pierre, régurgitée en premier, devient, fixée par Zeus lui-même dans « Pythô la Divine » sur les flancs du Parnasse, le symbole éclatant de la victoire finale des Olympiens. Delphes devient par là-même le nombril du monde (grec, omphalos), « l’axis mundi », le « Ground Zero » de ce nouvel ordre cosmique et Zeus le nouveau souverain ouranien armé du tonnerre, de la foudre fumante et de l’éclair.

MUTHOS2_zeus-vase-1.jpg 
Zeus, aigle et foudre...
Zeus installe alors à Dodone son sanctuaire oraculaire. Cet oracle se manifestait par le bruissement du vent dans les feuillages d’un chêne sacré, interprété par les Selles, des prêtres habitués à coucher à même la terre et à marcher nu-pieds. L’oracle le plus ancien de la Grèce conserve encore des liens étroits avec les forces chthoniennes de Gaia, la Déesse-Mère.  
 MUTHOS3_Dodone_Zeus_temenos.jpg 
le chêne oraculaire de Zeus (sanctuaire de Dodone)
 d. Apollon.
Fils de Zeus, Apollon naît dans l’île des Cyclades, Délos ; métamorphosé en dauphin (delphis, en grec), il entreprend d’établir son sanctuaire sur le continent, ce sera Delphes. Après avoir tué le serpent Python qu’il laisse « pourrir » sur place (d’où son nom), Apollon, en digne fils de Zeus, met fin au culte chthonien de Gaia.  
 MUTHOS4_APOLLON.jpg 
Apollon (musée d'Olympie)
          
 Garant de l’harmonie universelle, dieu de l’ordre, de la lumière solaire, de la beauté et des arts, Apollon Phoibos, Phébus chez les Latins, (Apollon « l’Eclatant ») fonde un sanctuaire oraculaire : les prophéties de la Pythie ont rassemblé pendant plus de mille ans les pèlerins du monde entier jusqu’à la fermeture du site, au + IV°, par l’empereur romain Théodose le Grand.
Comme tout sanctuaire grec, Delphes contient un temple, un théâtre et un stade. Le temple d’Apollon abritait la Pythie mais aussi le fameux Omphalos, cette pierre « nombril » du monde lâchée par les deux aigles de Zeus. Lieu de rassemblement et d’unité morale et religieuse du monde grec, Delphes rassemblait aussi les cités grecques lors des Jeux Pythiques. Apollon s’est révélé ainsi le dieu de l’harmonie entre les peuples et a réussi à faire de Delphes le centre de l’univers antique.


  MUTHOS5_tplapollon.jpg 
temple d'Apollon (Delphes)
  
2.Du COSMOS à la POLIS.

a. Du macrocosme au microcosme.
Sur le modèle d’un univers enfin « ordonné » sous l’égide des dieux olympiens (Zeus et Apollon) et de quelques héros civilisateurs (Héraklès, Thésée, Persée), les législateurs grecs essaient alors de modeler, à l’image de ce macrocosme, un microcosme à dimension humaine : ce sera la « polis », la cité.
L’invention de l’alphabet (-VIII°), de la monnaie (-VII°), l’institution des Jeux Olympiques (-776) puis la victoire contre les Perses lors des Guerres Médiques (début V°) avaient progressivement affirmé la conscience d’une unité de la civilisation grecque. L’organisation « politique » d’une démocratie athénienne, au siècle de Périclès, constitue l’aboutissement de cette marche vers une civilisation « politique ».

GRECE09_PERICLES.jpg 
"Périclès, fils de Xanthippe, athénien" (- 495, - 429)
 
b. Athènes : la démocratie triomphante.
Témoignages de la grandeur d’Athènes mais aussi justifications de ses prétentions à établir une thalassocratie (un empire maritime), les monuments de l’Acropole transmettent inlassablement le même message, celui de la victoire de l'ordre contre toutes les formes de désordre donc de disharmonie : Gigantomachie, Centauromachie, Amazonomachie, les exploits d’Héraklès, les combats contre les Troyens ou contre les Perses constituent des « topoi » (lieux communs) architecturaux.
 MUTHOS6_Acropole.jpg
Acropole (Athènes)
 Mais ils sont aussi des topoi littéraires ; au théâtre de Dionysos, Eschyle, Sophocle et Euripide rejouent sans cesse le combat archétypal (fondamental) et tragique de la démocratie naissante contre la tyrannie politique et « l’hybris » (la démesure insolente vis-à-vis des dieux) de personnages comme Œdipe, Agamemnon ou Prométhée qui avaient oublié la mesure apollinienne, le « mèdén agan » delphique (« rien de trop »).
MUTHOS71_THEATRE_DIONYSOS.jpg
théâtre de Dionysos (Athènes)


c. Du Centaure à « l’Animal Politique ».
L’antique loi du Talion (œil pour œil, dent pour dent, latin « talis  », « semblable ») a condamné les Atrides à une vengeance de générations en générations. Mais Oreste, conduit par l’Apollon delphique, se présente devant l’Aréopage d’Athènes pour se faire acquitter par le vote d’un tribunal composé de citoyens : la justice, antique privilège des dieux, prend ainsi dimension humaine en s’intégrant à la polis.
        
 MUTHOS9_CENTAURE.jpg
combat des Lapithes contre les Centaures (Olympie)
 
La loi primitive du plus fort se civilise en prenant la forme d’une répartition équilibrée du pouvoir entre la Boulè (le sénat) et l’Ecclésia (l’assemblée de tous les citoyens) ; symboliquement le Centaure archaïque s’intègre à la cité en devenant progressivement un « anthropos », « l’animal politique » dont parlait le philosophe Aristote. Le muthos étiologique qui cherchait à expliquer les choses par une parole créatrice cesse de fonctionner. L’avènement d’une démocratie fondée sur le vote des citoyens fait naître une nouvelle forme de langage, le logos politique, qui analyse les situations et fonde ainsi l’esprit critique pour conduire l’action politique.


3.Le démagogue et le philosophe, ultimes avatars du LOGOS.

a. De la démocratie à la démagogie.
Cependant le régime démocratique athénien est fragile : les rivalités continuelles entre les cités-états, les ambitions, au –IV°, du roi de Macédoine Philippe, et surtout l’incompétence et la versatilité du peuple laissent le champ libre à un nouveau genre de professionnels de la politique, les sophistes. En utilisant toutes les ressources de l’art de la parole, la rhétorique, les orateurs deviennent rapidement des démagogues qui détournent, à leur profit, le langage politique de sa fonction première. Un logos perverti ruine les intérêts de la cité au profit d’intérêts particuliers.
MUTHOS72_pnyx.jpg
          l'assemblée du peuple (ecclésia) se réunissait sur la Pnyx...

 
b. « Connais-toi toi-même ».
Le logos n’a pas été seulement la pierre angulaire de la politique, il a permis l’émergence de la philosophie. En effet, les premiers physiologues, Thalès, Pythagore, Parménide, vont, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, chercher à expliquer le monde et ses phénomènes non par des mythes mais par la pensée pure et le logos rationnel. Ainsi, pour les uns, la clé de l’univers est l’eau (Thalès), pour d’autres c’est l’air, les mathématiques (Pythagore), la permanence de l’Etre (Parménide) ou bien encore le Devenir (Héraclite). En tous les cas, la pensée humaine venait de franchir un pas décisif en se libérant des explications mythiques traditionnelles.

       MUTHOS73_THALES.jpg            MUTHOS74_PYTHAGORE.jpg            MUTHOS75_HERAKLITE.jpg
                     Thalès (617 env. - 548 env.)                            Pythagore (569 - 475)                        Héraklite (544 env. - 480 env.)


         Cependant, au vu des contradictions et des limites de ces systèmes, un homme prend conscience que l’être humain est incapable de comprendre la totalité de l’univers, et cet homme ce sera Socrate. Sur le temple d’Apollon à Delphes, figuraient plusieurs maximes des Sept Sages, par exemple « rien de trop » (« mèdén agan ») ou encore « connais-toi toi-même » (« gnôthi séauton »). Socrate en fait ses devises et consacre sa vie de « philosophe », « amoureux de la sagesse », à l’étude rationnelle de l’homme. L’ancienne philosophie présocratique, qui avait eu le mérite d’abandonner les récits mythiques au profit d’une explication rationnelle du cosmos, est ainsi recentrée sur l’homme. Socrate puis Platon, son disciple, fondent la philosophie moderne.
 MUTHOS8_SOCRATE.jpg Socrate 
CONCLUSION.
Pratiquée depuis près de trois mille ans, la langue grecque a permis de transmettre les idéaux qui ont fondé notre civilisation européenne. Modèle politique, artistique, et culturel, la Grèce a profondément influencé notre monde moderne.
Inventeurs d’un système politique jusqu’alors inédit, la démocratie, les Grecs ont donné à la parole un rôle étonnamment moderne dans la cité. Avec Hérodote, le père de l’histoire, Hippocrate, le père de la médecine, Socrate, le père de la philosophie mais aussi Eschyle et Sophocle, les auteurs de tragédies, les Grecs n’ont eu de cesse de proclamer la victoire de la civilisation contre la barbarie et la nécessité absolue de la raison (logos) dans l’organisation de la cité comme dans la connaissance de l’Homme.
         Mais l’héritage le plus important est sans doute l’idéal humain grec. Ni animal ni dieu, l’homme doit savoir rester à sa place, conscient de sa condition mortelle, obéissant au précepte delphique de la mesure, le fameux « mèdén agan ». Après avoir compris quelle était sa place dans le Cosmos, l’Homme doit, dans un second temps, trouver l’harmonie apollinienne, un équilibre entre le corps et l’esprit. Le Centaure archaïque, devenu citoyen et animal politique, peut ainsi accéder au bonheur.
 MUTHOS00_FRISE.jpg
 




Date de création : 20/02/2011 @ 22:21
Dernière modification : 14/05/2012 @ 02:23
Catégorie : 7. Langues cultures de l'ANTIQUITE
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