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41 ROMAN 2 : Le Vieux qui lisait des romans d'amour, Luis SEPULVEDA - SEPULVEDA 4 : une défense de l'Amazonie



Le Vieux qui lisait…

UNE DEFENSE DE L’AMAZONIE.

étude de l'argumentation

SEPULVEDA1_COUVERTURE.jpg



 
INTRO

Un succès mondial ; un succès dû aux qualités d’écriture mais aussi au thème abordé : la défense de la forêt amazonienne.
Dédicace du prix Tigre à Chico Mendes (9), « un des plus ardents défenseurs de l’Amazonie »
Dédicace du livre à Miguel Tzenke, syndic Shuar « grand défenseur de l’Amazonie » (11)
Roman : réquisitoire et plaidoyer…
 

DEVELOPPEMENT
 
1.      Un réquisitoire :

contre colons venus / gvt Equateur pour élevage et déboisement (3, 48) et gringos (chercheurs d’or ou chasseurs peaux 4, 53-4, amateurs de photos de Shuars, 6, 77)

a.      des colons vulgaires, brutaux et grossiers (alcool, maire frappe Shuars qui rapportent corps du gringo, gringos tirent sur Nushiño)
           des colons malades (dents / malaria)
          des colons inadaptés (3, 39-40) : les 1° colons empoisonnés, malades, dévorés / moustiques, font culture pour rien, AJB au début perd sa femme Dolores ; déboisement 4, 53-4 : « des erreurs stupides », « dévastaient sans prendre la moindre précaution » → vengeance des bêtes, les 4 Américains avec leurs appareils photos attaqués par ouistitis (6, 81)

b.      un personnage paradigmatique : le maire
                                                                          i.      un fonctionnaire (instruit – explique « Venise », 8, 102 –, soupçonné de prévarication, fantoche autoritaire mais sans expérience – accuse les 2 Shuars -)
                                                                        ii.      une Limace obèse
                                                                      iii.      la bière et la brutalité (frappe les Shuars, sa femme…)
                                                                       iv.      en expédition, le maire est ridicule : bottes et ciré, effraie chauves-souris, tue un ours à miel, « vide son revolver contre la jungle » (8,103)
 

CONCLUSION PARTIELLE

  • détruisent nature : routes = « langues puissantes » fouillant « le corps de la forêt », (4, 48) ; les colons détruisaient la forêt pour « édifier cette œuvre maîtresse de l’homme civilisé : le désert » (4, 54)
  • détruisent animaux (tuent petits félins, pécaris en période de reproduction, laissent pourrir les peaux) → les animaux partent pour un « irrésistible exode vers l’orient » (4, 54)
  • avilissent certains Shuars
    • ˃ jivaros (s’habillent avec guenilles des blancs, alcool, contents qd on s’intéresse à eux)
    •  Nushiño blessé par balle, « souvenir d’une expédition civilisatrice des militaires péruviens » (3, 45)
  
 
2.      Un plaidoyer :
pour ceux qui respectent l’Amazonie : les Shuars, AJB et les animaux

a.      Les Shuars
                                                                          i.      La connaissance de la forêt
Connaissance des plantes comestibles, guérisseuses, des « drogues » (curare pour paralyser et tuer, chicha et natema pour endormir), connaissance de la faune (périodes de reproduction, animaux apparemment inoffensifs mais potentiellement mortels, comme fourmis, ouistitis, silure-perrroquet…), connaissance des techniques de survie, de chasse, etc.

                                                                        ii.      Le respect et la compassion

1.      Pour les 1° colons
« Pris de pitié, [ils] s’approchaient pour leur tendre la main » (3, 40) 

2.      Pour AJB
/ mort Dolores, apprend langue, art de chasser avec sarbacane et lance, partage leur nourriture, leurs femmes et ils le guérissent de morsure crotale (3, 41-7)

3.      Pour leurs ennemis morts
Donner à l’ennemi la possibilité de manifester son courage puis le concentrer dans la tête en lui cousant paupières, nez et bouche (3, 51) → Un « hommage » quotidien aux têtes qui transmettent courage (3, 46)

                                                                      iii.      Une vie en symbiose avec leur environnement
« L’art de vivre avec la forêt » (3, 40)
« Comme disent les Shuars : le jour, il y a l’homme et la forêt. La nuit, l’homme est forêt. » (7, 91)
Ils déplacent leur camp avec leurs morts tous les 3 ans puis plus rapidement (sous la contrainte de l’arrivée des « Apaches »)
Les vieux choisissent le moment de leur mort, s’endorment / chicha et natema, se font « nettoyer » par les fourmis et commencent « leur nouvelle vie de poissons, de papillons ou d’animaux sages » (3, 47) (métempsychose)

 
b.      AJB

                                                                          i.      De la volonté de vengeance contre la forêt à la symbiose avec la forêt.
  • « Il voulait se venger de cette région maudite, de cet enfer vert qui lui avait pris son amour et ses rêves » (3, 41).
  • Puis grâce à sa fréquentation des Shuars, apprend la forêt, découvre la « liberté infinie » (3, 41) de ces « espaces sans limites et sans maîtres » (3, 41). « la vie de la forêt avait trempé chaque centimètre de son corps » (3, 46). Le rêve de AJB après avoir bu natema (3, 44) : « il se vit lui-même comme une partie inséparables de ces espaces en perpétuelle mutation, comme un poil supplémentaire sur ce corps vert infini » (3, 44)
→ « C’est la forêt qui nous entre dans les tripes » (7,96)
 
                                                                         ii.      De l’isolement subi à l’isolement volontaire
·         Au début de sa fréquentation des Shuars, les colons le regardaient « comme un dément » (3, 41) et qd il revint de chez les Shuars, « les habitants le considérèrent comme un sauvage et l’évitèrent » (4, 53)
·         Lecture de romans d’amour « avec des mots si beaux que, parfois, ils lui faisaient oublier la barbarie des hommes. » (8, 121)

                                                                      iii.      Un personnage crédible, un porte-parole du romancier.
·         Une évolution du personnage crédible : il arrive comme colon puis veut même se venger de la forêt mais se détache progressivement de son projet initial et se rend compte de la folie des colons
·         Un héros sympathique : il est vieux, il découvre la lecture avec naïveté mais son émerveillement est sincère, il ridiculise le maire, c’est un héros humain plein de compassion : il caresse le mâle avant de l’achever, caresse également la femelle après l’avoir abattue et pleure de « honte », « se sentant indigne, avili » (8, 120)

 
c.      Les animaux : les fourmis et la femelle jaguar

                                                                          i.      Les fourmis
Aident les vieux Shuars à mourir. Perfection du travail : les « ossements blanchis, parfaitement nettoyés » par leurs « mandibules implacables » (3, 47). Capables de « prouesses techniques » lorsqu’elles construisent « en une nuit un pont de feuilles et de branches pour exploiter le cadavre à leur aise » (cadavre de Miranda, tué par le jaguar près de sa cabane, 7, 95)

                                                                        ii.      La femelle jaguar
Les jaguars d’Amazonie font preuve d’une « intelligence raffinée » (8, 109)
La femelle attire AJB près de son mâle, n’attaque pas AJB et même disparaît pour lui permettre d’achever le mâle agonisant ; au moment où il tire, il la devine « secouée par des sanglots presque humains » (8, 116). Elle creuse sous les pierres qui supportaient la pirogue pour chercher AJB caché dessous. Après avoir tué l’animal, AJB découvre une « bête superbe, une beauté, un chef-d’œuvre de grâce impossible à reproduire, même en imagination » (8, 120)


 
CONCLUSION PARTIELLE

Traits communs à tous ces « personnages » qui défendent le message de l’auteur : respect pour leur environnement, une connaissance approfondie venant d’une observation longue et patiente du milieu. Compassion, sensibilité, intelligence. Bonheur et liberté. → tout le contraire des colons. Univers qui serait manichéen sans la présence de AJB… Un procédé très efficace pour persuader les lecteurs.
 
 
 
3.      Quelques procédés employés


a.      Une peinture réaliste : une nature pas idéalisée
                                                                          i.      « enfer vert » (3, 40) et pluie incessante : difficultés des 1° colons
                                                                        ii.      Un coin éloigné de toute « civilisation », à plusieurs jours de bateau, qqs maisons, la mairie n’est qu’une « façade », le vote (4, 55) !
                                                                      iii.      Même les Shuars ne sont pas tous bons, cf. le mauvais Shuar qui s’échappe de la tribu en se transformant en paresseux…


b.     Des comparaisons signifiantes.
                                                                          i.      Le « Sucre » / pirogue
                                                                        ii.      Fusil / sarbacane
                                                                      iii.      Vie des 1° colons (3, 39-40) / vie des Shuars (3, 41)
                                                                       iv.      Vie dans Cordillère / en Amazonie (3, 42)
                                                                         v.      comportement des colons-gringos / des Shuars
→ Les hommes dits « civilisés » (gringos et colons, le maire, les militaires péruviens…) ≠ les Shuars et les animaux de la jungle…


c.      L’ironie.
Le nom même de El Idilio et de El Dorado… (procédé de l'antiphrase)
Nushiño blessé par balle, « souvenir d’une expédition civilisatrice des militaires péruviens » (3, 45)
Les colons détruisaient la forêt pour édifier cette « œuvre maîtresse de l’homme civilisé : le désert » (4, 54)

d.     L’indignation et l’émotion.
Indignation devant la brutalité des gringos, émotion à la mort de Nushiño (3, 49) ; les caresses et les pleurs de AJB devant les cadavres des jaguars…
 

 
CONCLUSION GENERALE

Une démonstration puissante, au service de la défense de l’Amazonie et de la terre en général…
  • La forêt = un univers dangereux, noyé de pluie, hanté par la peur et la souffrance
  • La forêt = un « corps vert infini » dans lequel hommes, bêtes et plantes sont « parties inséparables », vivant dans un « embrassement permanent à la fois vital et mortel » (p. II)
  • Dans ces conditions complexes, la vie réclame des savoir-faire et une intelligence profonde de son environnement, l’expérience des Shuars : c’est aussi cela qui disparaît par la faute des colons, en même temps que les forêts…
  • La démonstration la plus convaincante = un roman, plein d’images qui suscitent l’imaginaire et qui séduisent le lecteur…
 


Date de création : 11/01/2011 @ 02:33
Dernière modification : 22/02/2012 @ 00:55
Catégorie : 41 ROMAN 2 : Le Vieux qui lisait des romans d'amour, Luis SEPULVEDA
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