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41 ROMAN 1 : Si c'est un homme, Primo LEVI - LEVI 4 : le sens du titre ?

 
"Justifiez le titre de l’œuvre"
 
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Le sens du titre de l’ouvrage de Primo Lévi, Si c’est un homme, est à rapprocher du poème liminaire placé en exergue ; cette expression, qui peut sembler énigmatique au premier abord, s’en trouve éclairée, et représentative du thème général, celui de la démolition d’un homme.
 
Le titre de l’ouvrage est également celui du poème, lui-même tiré d’un vers : « Considérez si c’est un homme … » Dans cette expression, la conjonction de subordination si introduit une subordonnée interrogative indirecte de valeur rhétorique : le poème terminé, le lecteur ne pourra répondre que par la négative, car le Lager, tel que l’évoquent les lignes suivantes, est la négation d’une vie d’homme. Le sens est encore plus net dans le texte original. En effet, le démonstratif « questo », en italien, signifie « ceci », « cela », et par cette distanciation renforce le caractère négatif de cet état, l’antithèse de ce qu’est, pour Lévi, un homme.
 
L’ouvrage sera donc la démonstration de ce que le poème avait suggéré. La démolition d’un homme est tout d’abord matérielle et mentale. Dès le second chapitre, Lévi fait état de l’extrême dénuement dans lequel se trouvent les prisonniers du Lager dès leur arrivée. Privés de leurs vêtements, de leurs objets personnels, ils se trouvent à la fois désocialisés et fondus dans la masse anonyme d’une « armée de larves ». Perte de l’identité, des signes de reconnaissance de l’individualité, de leur passé comme de leur avenir. Seul devient important le présent de la survie, comme dans le chapitre 7 (« Une bonne journée ») dans laquelle la seule satisfaction des détenus consiste à goûter béatement le soleil printanier, à profiter d’une soupe supplémentaire, de manière instinctive et animale. Toute trace de vie affective, de vie mentale et de pensée semble avoir disparue, à l’image de Null Achtzen, détenu promis à la mort et à l’anéantissement, comme le début de son numéro l’indique.
 
Mais il y a sans doute, plus gravement encore, dans cette perte irrémédiable de la paix, pour celui qui ne « connaît pas le repos », - ce que nous indique également le poème liminaire-, un anéantissement des valeurs morales. Placé dans une situation de menace continuelle, le détenu est amené à la compromission, à cette « zone grise » qu’évoque Lévi dans son essai Les Naufragés et les rescapés. Prétendre à une dignité d’homme, à un langage d’homme, à une pensée et à un univers mental et affectif, c’est aussi se reconnaître dans des gestes de solidarité et dans le sens de la justice. Or, précisément, le second sens du titre est de nous montrer, en suspens, au fil des pages que nous découvrons, véritable proposition démonstrative faisant suite au titre, que toute morale, toute considération altruiste disparaît dans l’enfer du Lager, où chacun vit pour soi et peut être amené à s’emparer d’un privilège, devenir un « petit chef », pour survivre, tout en maintenant le système.
 
Enfin, il n’est pas exclu que Lévi évoque la déshumanisation des bourreaux tout comme il évoque celle des victimes : en torturant son semblable, en le soumettant à la folie de l’univers concentrationnaire, les nazis cessaient eux-mêmes d’être des hommes. Les personnages d’Alex, du docteur Panwitz, relèvent de ces figures de la dénonciation. Peut-on prétendre au statut d’homme lorsque la cruauté, jointe à la froide indifférence, à la technologie calculatrice et au fanatisme totalitaire supprime toute sensibilité, et toute pitié ?
 
Le titre est donc au centre de l’œuvre, dont l’image dominante est peut-être celle qu’évoque le dernier chapitre, dans une vision totalisante de l’auteur, celle d’un homme « décharné, le front courbé et [aux] épaules voûtées, dont le visage et les yeux ne reflètent nulle trace de pensée. »
 
 
 
Copie d’un élève de Terminale, proposée sur le site de l’Académie de la Réunion.
http://pedagogie2.ac-reunion.fr/lettres/tl/LeviAB/PLAN_cours_Levi.pdf
 



Date de création : 02/01/2011 @ 17:38
Dernière modification : 22/02/2012 @ 00:48
Catégorie : 41 ROMAN 1 : Si c'est un homme, Primo LEVI
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