L’orang-outang ne vit qu’à Bornéo et Sumatra : au cours des cent dernières années, près de 90% de la population de ce grand primate ont disparu! Si ce déclin effrayant devait se poursuivre, il y a fort à craindre que l’espèce aura disparu de la nature d’ici une vingtaine d’années... Les effectifs totaux de l’orang-outang sont estimés à environ 30.000 individus à l’heure actuelle.

L’orang-outang est menacé suite à la fragmentation et à la destruction de son habitat naturel par les exploitants forestiers ou pour les plantations de palmiers à huile et d’autres cultures. Près de 80 % de toutes les forêts de Malaisie et d’Indonésie ont déjà été exploitées. L’espèce est également menacée par la chasse illégale (qui alimente le marché de la viande sauvage et des animaux de compagnie) et les incendies de forêts.

Malheureusement, seul un tiers de la population de l’Etat de Sabah se trouve dans des zones protégées comme les parcs nationaux et les réserves naturelles, ce qui laisse deux tiers des animaux sans protection et donc plus vulnérables encore.

Le Dr Marc Ancrenaz est directeur du Projet de conservation de l’orang-outang dans la région du fleuve Kinabatangan (Kinabatangan Orang-utan Conservation Project), un projet qui bénéficie du soutien du WWF. Expert en primates dans l’Etat de Sabah (Bornéo), il craint que "l’orang-outang – le seul primate anthropomorphe vivant en Asie – soit condamné à disparaître si des mesures efficaces ne sont pas prises rapidement". Quelque 13.000 individus survivent dans l’Etat de Sabah, ce qui en fait la dernière population viable de Malaisie.

Cette particularité le rend d’autant plus vulnérable. Il faut donc agir sans attendre. Plus de 60 % des orangs-outangs vivent en dehors des réserves.

Le WWF travaille en collaboration avec les autorités et d’autres organisations pour la conservation de la nature : son but est d’étendre la superficie des aires protégées et d’en créer de nouvelles, où la chasse et l’exploitation forestière dérivées de ces primates sont interdites.

" Leur déclin se poursuivra aussi longtemps que les efforts de conservation ne seront pas renforcés pour mettre fin à la perte de son habitat naturel et au braconnage qui sévit sur les terres détenues par des propriétaires privés".

L’orang-outang est particulièrement vulnérable parce qu’il a le cycle de reproduction le plus lent de tous les primates anthropomorphes : une femelle ne donne naissance à un petit qu’en moyenne tous les huit ans", déclare Stuart Chapman, directeur du Programme de sauvetage des espèces du WWF-Grande-Bretagne.