L'atelier Théâtre

Il s'agit de proposer ici différents exercices qui seront une préparation à la pratique du théâtre. Ces exercices sont classés en différentes catégories et doivent être combinés entre eux pour former des séances complètes. On peut varier les combinaisons en fonction des objectifs poursuivis.

Échauffement et mise en route :

Le théâtre est une activité physique qui impose un minimum d'échauffement.

On peut pour cela s'appuyer sur les activités qui visent à occuper l'espace.

Occuper l'espace :

Il s'agit pour les élèves de marcher dans l'espace théâtral, ensemble, en occupant tout l'espace et sans se toucher ni se parler. La marche doit être régulière et à chaque instant, l'animateur peut arrêter l'exercice pour vérifier la bonne occupation de l'espace. On introduit des consignes de façon progressive : on peut d'abord demander d'adopter une démarche plus typée

(personne malade, triste, joyeuse, fatiguée, en colère...), puis rythmer la marche en donnant un tempo. On peut demander des simulations de rencontres muettes et passer à une phase individuelle où les intentions de chaque marcheur seront à deviner par le reste du groupe.

Travailler sa voix :

La voix est un organe fragile qui nécessite un échauffement. Il est important que les élèves en prennent conscience et qu'ils apprennent à échauffer leur voix comme ils le font avec leurs muscles pour une séance d'EPS . L'animateur doit donc veiller à ce que les exercices sur la voix augmentent progressivement en intensité.

Cela peut commencer par un travail sur la respiration ventrale (il s'agit de contrôler sa respiration avec les muscles abdominaux plutôt qu'avec les muscles thoraciques : on inspire en gonflant le ventre et on expire en le rentrant. Pour atteindre le volume respiratoire maximum, on démarre par une inspiration ventrale puis on complète par une inspiration thoracique). On demande aux élèves de respirer avec une main sur le ventre en insistant sur le fait que la respiration ventrale est plus efficace et se contrôle mieux que la respiration thoracique.

La bobine de fil :

Il s'agit de souffler doucement et le plus longtemps possible en faisant le geste de sortir un fil de sa bouche. Il est important de dire aux élèves que cet exercice, comme tout ceux qui concernent la voix, est là pour exercer et entraîner les cordes vocales et donc qu'il ne faut jamais aller jusqu'aux limites de l'asphyxie. Cet exercice de la bobine peut déboucher sur un travail de lecture oralisée d'un texte, où le principe sera d'aller le plus loin sans reprendre son souffle. C'est une activité intéressante si on travaille sur un monologue où le personnage se met en colère...

Le chef d'orchestre

Il s'agit de répartir les élèves en quatre à cinq groupes et de leur attribuer un son, qui sera continu ou à intervalles réguliers. Le chef d'orchestre (l’animateur ou un élève) se place en face des groupes et sollicite les « instruments ». Il doit faire varier les combinaisons et le niveau sonore de chaque groupe dans le but de trouver une harmonie satisfaisante

Le ping-pong vocal

Par groupe ou par binôme, il s'agit de se faire face et de répondre à une sollicitation vocale (bruits, vocalises... mais pas de paroles) par une imitation la plus exacte possible ou par une relance afin de créer une « conversation ». On peut d'ailleurs combiner l'imitation et la relance dans un même exercice.

La voix qui marche

Il s'agit pour l'élève d'apprendre à gérer le niveau sonore et le débit de sa voix en fonction d'une activité physique. En parcourant une distance de quelques mètres, on lui demande d'amener sa voix du simple murmure au niveau sonore le plus important qu'il puisse atteindre. La fin du trajet doit coïncider avec l'apogée des décibels et la phase de montée en puissance doit se faire de façon régulière. On introduit des variations en demandant de lire ou de déclamer un texte et en remplaçant la simple marche par une activité plus complexe (ranger des affaires, faire le ménage...)

Travailler les gestes

La suite de gestes

Les élèves se mettent en cercle, assis sur des chaises et chacun, tour à tour, propose un geste qui est repris et enrichi par son voisin. La difficulté réside dans le fait que plus on avance, plus il y a de gestes à reproduire. Cet exercice, qui semble anodin, développe la mémoire gestuelle et prépare de fait la mémorisation des actions et des déplacements imposés par la mise en scène.

On doit donc imposer au départ des gestes simples et compliquer l'exercice en introduisant des variations : demander une continuité dans les gestes, effectuer l'exercice debout, en mouvement...

Le miroir

Il s'agit, en groupes ou en binômes, de reproduire les gestes du meneur comme le fait un miroir. Cet exercice peut aussi se dérouler avec des déplacements.

Le mime

Ce jeu très connu consiste à mimer une situation, un métier, un personnage célèbre, etc, dans le but de les faire deviner.

Le "tout sauf ça"

L'animateur donne un objet quelconque et il s'agit pour l'élève de mimer une situation dans laquelle l'objet sera détourné de son utilisation habituelle.

L'objet est alors tout ce qu'on veut sauf ce qu'il est réellement. (Une chaise peut servir à bêcher un jardin.)

Travailler l'écoute

L'oreille multiple

Deux groupes de même importance se tournent le dos. Dans un groupe, chaque individu choisit un son ou un bruit. Tous les membres du groupe produisent leur son en même temps. L'autre groupe doit écouter et reproduire le son d'ensemble en se répartissant les bruits. Cet exercice est complexe car il demande une grande concentration et une coordination importante. Il faut donc commencer avec des groupes restreints de quatre à cinq élèves.

Le guide d'aveugle

Cet exercice se réalise en binôme. Il s'agit pour l'élève de guider son camarade (qui est rendu aveugle au moyen d'un bandeau) grâce à des sons. Au début de l'exercice, on choisit de guider par la voix, grâce à des ordres simples (à droite, à gauche, stop...) et le guide le droit de se déplacer avec son « aveugle ». Pour graduer la difficulté, on interdit d'abord les déplacements pour le guide, puis on impose ensuite un code vocal que le binôme détermine (ex : « ah » pour aller à gauche, « un sifflement » pour s'arrêter, « un claquement de doigt » pour aller à droite...). Cet exercice peut se faire sur un parcours précis (entre les tables, les chaises...) ou sur l'ensemble de la surface théâtrale. Il peut être effectué à tour de rôle par les binômes, mais la difficulté suprême, c'est que tous les binômes travaillent en même temps avec des codes vocaux différents et sur l'ensemble de la surface théâtrale...

Jouer des situations

L'improvisation est un exercice difficile, plus encore pour des élèves un peu timides. Mais elle permet aussi à tous de s'exprimer rapidement (il n'y a pas de contrainte de texte à apprendre par cœur) sur des situations très variées et donne parfois des résultats extraordinaires. Voici donc une série d'exercices qui permettent d'aborder l'improvisation tout en donnant des pistes et des indications aux élèves, afin de les rassurer.

Les mille et une façons

Il s'agit de choisir un mot simple (bonjour, merci...), une expression courante (il fait un temps superbe, quelle heure est-il ?...), une situation quotidienne (acheter une baguette de pain, demander son chemin...) et de donner pour

consigne aux élèves de les décliner de toutes façons possibles. Les élèves passent les uns derrière les autres et disent le texte chacun d'une façon différente. Cet exercice peut se révéler très dynamique et il demande aux élèves de s'adapter rapidement. On peut l'appliquer ensuite à une courte réplique d'une pièce étudiée et comparer les effets de sens ainsi suggérés.

Texte multiple

Il faut tout d'abord que l'animateur rassemble des textes de tous horizons (extraits littéraires, recettes de cuisine, modes d'emploi, extraits de

règlements...) et qu'il prépare des fiches sur lesquelles il écrira des intentions (plaire, convaincre...), des caractères (joyeux, triste, snob...). Les élèves tirent au sort un texte et une fiche intention/caractère et passent sur scène après un court temps de préparation.

Les situations d'improvisation

Lorsque les élèves maîtrisent les exercices préparatoires, il est possible de passer à des situations d'improvisation plus complexes. Il peut être intéressant de commencer par des situations que les élèves connaissent tous et qu'ils peuvent facilement parodier : la traditionnelle réunion parents/professeurs, la négociation avec les parents pour la sortie du samedi. Ensuite, les situations peuvent varier à l'infini :

-       Coincés dans un ascenseur.

-       Un couple se sépare.

-       Essayer d'échapper à une contravention.

-       Écrire une lettre d'amour à haute voix.

-       Des clochards qui mendient.

-       Une consultation chez le médecin.

-       Un voyage en auto-stop.

-       Le pied coincé dans une bouche d'égout.

-       Un fou rire.

Pour travailler sur les situations d'improvisation, vous pouvez vous appuyer sur le jeu « COMEDIA » (Schmidt France) qui est une véritable mine pour varier vos travaux.

Pour aller plus loin dans l'insertion du jeu théâtral à la vie de classe, voire alimenter ainsi une réflexion citoyenne, vous pouvez vous inspirer aussi de la démarche d'Augusto Boal : "Jeu pour acteurs et non acteurs"


Date de création : 30/05/2014 16:12
Dernière modification : 30/05/2014 16:12
Catégorie : - Disciplinaires-Langue-Théâtre
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