Domaine : 0,1
à 912
(soit de ~ 0,1 kev à ~ 100 kev)
E(kev) = 12,38 / l (
)
X "mou" : 100 ev à 10 kev
X "dur" : 10 kev à 1 Mev
L'atmosphère terrestre absorbe fortement les rayons X. Les rayons X "dur" peuvent être observés à partir de ballons (altitude ~ 40 km) alors que pour les rayons X "mou", il est nécessaire de disposer de fusées et satellites.
En 1949, grâce à une fusée allemande V-2 de la seconde guerre mondiale, équipée d'un détecteur à rayons X, le rayonnement X du Soleil fut mis en évidence par une équipe de chercheurs américains. Cette expérience n'avait pas été faite par hasard, mais déduite des travaux de Edlen qui, en 1942 avait identifié les raies coronales en émission comme étant des raies interdites d'atomes fortement ionisés, ce qui impliquait une température électronique dans la couronne de 106 K. Or, un plasma à une telle température émet du rayonnement dans le domaine des courtes longueurs d'onde, c'est à partir de ces hypothèses que fut planifiée l'expérience de 1949.
Mais en extrapolant le cas du Soleil à d'autres étoiles de même type, on s'aperçoit vite que leur rayonnement X ne pouvait pas être détecté car, compte tenu de leur distance, le flux collecté aurait été trop faible.
Où chercher les sources de rayonnement X dans l'Univers et, y en a-t-il ?
En 1962, une fusée lancée pour observer le rayonnement X de la Lune (fluorescence) induit par celui du Soleil, détecta par hasard une source intense de rayonnement X dans la direction de la Constellation du Scorpion, et aucune émission en provenance de la Lune. A partir de ce résultat, il fut plutôt facile d'obtenir le financement de fusées, puis de détecter d'autres sources de rayonnement X.
L'Astronomie des rayons X était née.
En 1970, fut lancée le premier satellite consacré à l'observation du rayonnement X : UHURU qui avait pour mission l'étude des sources X détectées par les vols fusées antérieurs. Ce satellite a effectivement pu localiser avec la précision de 1 minute d'arc la plupart des sources connues jusqu'alors, mais il a découvert également une centaine de sources nouvelles dont environ un tiers n'appartiennent pas à notre Galaxie.
Il faut maintenant comprendre le mécanisme d'émission de ce rayonnement X observé avant d'étudier en détail quelques-unes de ces observations.
Rappelons que le milieu interstellaire est transparent au rayonnement X.
Les rayons X de longueur d'onde inférieures à 1 nm peuvent traverser de part en part notre Galaxie sans subir d'absorption notable.

Mais pour observer des rayonnements X de plus grande longueur d'onde (5 nm), il faut observer dans les directions où l'opacité sera moindre, c'est-à-dire plus ou moins perpendiculairement au plan de la Galaxie car ailleurs la quantité de matière interstellaire sur la ligne de visée sera beaucoup plus importante et donc très absorbante.

Nous ne développerons pas ce thème ici.
La focalisation des rayons X est donc beaucoup plus difficile que dans le domaine optique : ainsi sous une incidence normale, le rayonnement X traverse une surface optique sans y subir aucune réflexion.

Mais en incidence rasante, les distances interatomiques semblent réduites. Au lieu de d, on a d x sin q. On peut alors espérer provoquer la réflexion du rayonnement. Si on applique un critère voisin de celui du domaine visible, la surface sera effectivement réfléchissante si :
Si l
10-8 cm, on a q
0,2 radian
12°, tandis qu'à l
10-10 cm, on n'a plus qu'un angle d'incidence de 0,1°.
Ainsi est-il possible de focaliser des rayons X mous à condition d'utiliser les miroirs en incidence rasante. Ces miroirs sont constitués par exemple de paraboloïdes de révolution emboîtés. Avec un tel collecteur on peut avoir un pouvoir séparateur de 1 seconde d'arc.

Dans le cas des rayons X durs, cette technique est inopérante. On ne peut que détecter les sources de rayonnement X et repérer leur direction. On utilise pour cela des collimateurs qui permettent d'éliminer le rayonnement venant des autres directions.

Ces collimateurs ont une résolution spectrale médiocre : 1 minute d'arc environ. Ils ne permettent pas de localiser les sources avec précision.
Le pouvoir de résolution médiocre des " télescopes pour rayons X " rend difficile l'identification des sources X avec des sources radio ou bien tout simplement des étoiles.
Le rayonnement X ionise un gaz situé dans une enceinte, dans les parois de laquelle se trouvent 2 électrodes. Les électrons migrent vers le pôle positif et les ions vers le pôle négatif. On peut alors mesurer l'intensité de la décharge qui se produit entre ces 2 électrodes. Cette intensité va dépendre du nombre d'ions qui auront été créés et celui-ci est lui-même fonction de l'énergie du rayonnement X qui a interagi avec le gaz.
Le bruit de fond d'un tel détecteur est important car les rayons cosmiques agissent également, ainsi que les particules secondaires provenant des interactions des rayons cosmiques avec le satellite lui-même. On peut connaître une partie de l'intensité de ce bruit de fond en plaçant des détecteurs latéraux.