Esculape et le caducée

A l’approche de l’été, nous tournerons nos yeux vers le Sud. Près de l’horizon vous pourrez distinguer la silhouette de l’Aigle, illuminée par la brillante étoile Altaïr. Vous pourrez aussi deviner l’étrange forme du Sagittaire, censé représenter un Centaure, mi-homme mi-cheval, mais que les anglais nomment « tea-pot », ou « la théière » ! Observez la constellation et faites vous votre propre idée...

Au-dessus, voici le Serpentaire, Ophiucus, autre géant mythique de la voûte céleste. Sa tête est située au voisinage de celle de notre vieil ami Hercule et voici en deux mots sa légende :
Il s’agirait d’Esculape, le dieu de la médecine ! Tout jeune déjà, il excellait dans l’art de découvrir les plantes qui guérissent. Un jour, alors qu’il herborisait, il dût assommer un serpent menaçant.
Mais quelle surprise alors ! Il vit s’approcher un autre serpent : le reptile tenait dans sa bouche une herbe qui ranima son congénère. Bien sûr, Esculape observa attentivement la plante et en fit une belle réserve, avec laquelle il put soigner et guérir de nombreux humains. Dès lors, le serpent devint son animal préféré, et le « caducée », formé d’un bâton sur lequel s’enroulent deux serpents, est devenu le symbole de la médecine...

On prétend même qu’Esculape parvint à ressusciter bon nombre de mortels. Hélas, si le talent de médecin de notre héros faisait merveille parmi les humains, Pluton, le dieux des morts, voyait la chose d’un autre oeil : inquiet de ne plus voir arriver quiconque aux enfers il se sentait bien inutile !
Il s’en plaint bientôt à Jupiter... Ainsi fut-il décidé qu’Esculape disparaîtrait du monde terrestre pour vivre son immortalité parmi les étoiles : c’est là que nous le retrouvons, corps massif et trapu, empoignant de ses bras vigoureux la tête et la queue d’un serpent gigantesque...

A ses pieds, voici le Scorpion : Ce charmant animal est celui que Diane plaça un jour devant le géant Orion pour se venger de quelque affront. Frappant le chasseur de son dard, il injecta dans ses veines son terrible venin, et le mit en fuite.
Cette terreur dure encore : c’est pour celà que nous ne pouvons jamais voir simultanément Orion et le Scorpion : dès que celui-ci point à l’horizon, celui-là s’enfuit et disparaît à l’autre bout du ciel. Et si Orion domine superbement les nuits d’hiver, il doit pourtant battre en retraite et céder la place au Scorpion tout au long des beaux soirs d’été, au cours desquels je vous souhaite à toutes et à tous d’agréables observations !

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