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CC n° 103 automne 2003
Les aurores polaires
Résumé : Les aurores polaires sur terre résultent d’une interaction entre les
particules chargées portées par le vent solaire et les atomes ou ions situés dans
la haute atmosphère. Ces effets sont régis par le champ magnétique terrestre et
l’activité solaire.
Nous allons donner successivement quelques caractéristiques du
champ magnétique terrestre, du champ magnétique solaire, du vent solaire
avant de retourner à l’explication du phénomène des aurores boréales avec un
petit détour vers les mécanismes d’émissions lumineuses. Nous indiquerons
ensuite quelques autres effets de l’activité solaire.
Mots-clefs : ARTICLE DE FOND - ATOME - SOLEIL - VENT CHAMP
MAGNÉTIQUE-
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Le champ magnétique terrestre
et ses caractéristiques
1- Qu’appelle-t-on champ
magnétique d’un aimant et champ
magnétique terrestre ?
Un champ magnétique est une zone de l’espace où
se font sentir des interactions magnétiques.
A la surface de la Terre, on sait depuis le
12ème siècle qu’une boussole donne
approximativement la direction du nord
Géographique. Le pôle « magnétique » n’est
cependant pas strictement superposé au pôle
« géographique », et la distance au pôle
« géographique » varie avec le temps.
On sait que deux pôles nord magnétiques
se repoussent alors que un pôle nord magnétique
et un pôle sud magnétique s’attirent. En fait, la
Terre se comporte donc à peu près comme un
immense aimant dipolaire comportant un « pôle
sud magnétique » actuellement près du « pôle
nord géographique » (défini par l’axe de rotation
de la Terre) et un « pôle nord magnétique » près
du « pôle sud géographique» puisque c’est le pôle
nord magnétique d’une boussole qui s’oriente vers
le pôle nord terrestre.
L’usage est cependant d’appeler « pôle
magnétique » nord celui qui est du côté du « pôle
géographique » nord et « pôle magnétique » sud
celui qui est du côté du « pôle géographique » sud,
distinguant ainsi un pôle géographique et un pôle
magnétique de part et d’autre de la Terre.
De façon générale on représente un champ
magnétique par un réseau d’une infinité de lignes
de champ telles que l’aiguille d’une boussole soit
tangente à chacun des points de ces lignes. Par
convention, les lignes de champs d’un aimant vont
d’un pôle nord magnétique de l ‘aimant vers le
pôle sud magnétique de l’aimant à l’extérieur de
l’aimant. Plus les lignes de champs sont serrées
plus le champ est intense.
On peut matérialiser (visualiser) les lignes
de champ magnétique d’un petit aimant droit à
l’aide de limaille de fer : on colle un aimant droit
sous une plaque de verre et on saupoudre celle-ci
de limaille. Chaque grain de limaille se comporte
comme une mini boussole. On constate que
beaucoup de lignes de champs sont fermées et
qu’elles convergent en se resserrant vers les pôles
de l’aimant.
2- Quelques caractéristiques du
champ magnétique terrestre
Le pôle magnétique nord de la Terre est le
lieu où une boussole, libre de tourner aussi bien
dans le plan vertical que dans le plan horizontal,
pointe perpendiculairement vers le sol. On peut
utiliser une aiguille suspendue en son milieu par
un fil sans torsion.
Ce point se déplace au cours des années et
même au cours d’une journée (il décrit une petite
courbe fermée).
Actuellement, le pôle « nord » magnétique
est situé au Groenland à environ 79° de latitude
Nord et 69° de longitude ouest ; il se trouve à peu
près à 1 900 Km du pôle nord géographique.
Le pôle magnétique « sud » se trouve
dans l’hémisphère sud à environ 2 600 Km du pôle
sud géographique : il est situé en Terre Adélie.
Les deux pôles magnétiques de la Terre ne
sont pas aux antipodes l’un de l’autre et la droite
qui les joint ne passe pas par le centre de la Terre :
elle est inclinée de 11,04° par rapport à l’axe de
rotation de la Terre.
Le champ magnétique terrestre a une
intensité qui diminue régulièrement. Il est
représenté par un vecteur B situé dans le plan du
méridien magnétique (plan passant par l’axe des
pôles magnétiques et contenant l’aiguille de la
boussole au point considéré.
L’angle d’inclinaison I est l’angle que fait le
champ B avec le plan horizontal : à Paris, on a par
exemple, I ˜ 64°.
– L’angle de déclinaison D est l’angle du
méridien magnétique avec le méridien
géographique : à Paris, on a par exemple, D ˜
6°.
– Ainsi, à Paris, l’intensité du champ
magnétique terrestre (dont l’unité est le Tesla
noté T) est B ˜ 4,5.10-5 T. La composante
horizontale B0 est telle que :
B0 = B cos I = 4,5.10-5 cos 64° = 2.10-5 T
3- Quelle est l’origine de champ
magnétique terrestre ?
On admet actuellement qu’au centre de la Terre,
dont le rayon est approximativement 6 400 Km, il
y aurait un noyau métallique fluide d’environ 2900
Km constitué d’un plasma de fer et de nickel. Un
plasma est un milieu fluide contenant des ions à
haute température, électriquement conducteur
mais neutre c’est-à-dire contenant autant d’espèces
chargées positivement que négativement.
Ce plasma dont la température est de
l’ordre de 5 000 °C tournerait autour d’un cœur
solide appelé « graine » de 1 200 Km de rayon
composé également de fer et de nickel
(densité environ 16), le tout formant un
« noyau ».
Ce plasma fluide conducteur circulerait par
convection thermique dans le noyau. Il formerait
ainsi l’équivalent d’un courant électrique lequel
engendrerait un champ magnétique selon le
principe de la dynamo à disque de Faraday.
4- Qu’est-ce qu’une dynamo ?
Une dynamo électrique est un dispositif qui génère
du courant continu. Au sens précis du terme, la
« dynamo » de bicyclette n’est pas une véritable
dynamo… mais un alternateur qui produit du
courant alternatif.
En effet quand un fil est parcouru par un
courant continu, il donne naissance à un champ
magnétique ; l’expérience de Oersted consistait à
observer la déviation de l’aiguille d’une boussole à
proximité d’un fil électrique parcouru par un
courant continu. Mais inversement quand le
champ magnétique varie, il crée un courant
variable dans un conducteur électrique. C’est
ainsi qu’un aimant droit tournant devant une
bobine crée un courant alternatif dans la bobine ;
c’est le principe des générateurs EDF.
La Terre se comporterait comme une
dynamo autoexcitatrice analogue à la dynamo à
disque de cuivre de Faraday.
Le disque tournant est analogue au plasma
en mouvement dans le noyau de la Terre.
On ne connaît pas l’origine de ce
processus : ce peut être un champ initial ou un
courant continu initial … c’est le célèbre
problème de l’œuf et de la poule.
Toujours est-il qu’à partir du moment où
un courant circule dans une bobine, elle crée un
champ magnétique et que ce champ magnétique
engendre des courants induits dans le disque en
mouvement (courants de Foucault). Les courants
induits donnent naissance à des forces qui tentent
de s’opposer au mouvement (principe des freins
électromagnétiques). C’est un peu le contraire
d’une « roue de Barlow » dont le mouvement est
produit par les forces qui s’exercent sur le disque
lorsqu’on y fait passer un courant. La roue de
Barlow est l’ancêtre du moteur électrique.
Dans la Terre, l’énergie provient des
énormes masses de plasma en mouvement de
convection autour du noyau.
5- La magnétosphère
Depuis qu’on a envoyé dans l’espace de nombreux
satellites, on a pu étudier les lignes de champ
géomagnétique dans l’espace environnant la Terre.
Ce qu’on appelle « magnétosphère » de la Terre
est l’espace où s’exerce le champ magnétique. Elle
constitue une sorte de bouclier magnétique qui
nous protège contre les particules (électrons,
protons, ions) venant du Soleil. Elle ralentit et
divise en effet ce « vent solaire » constitué de
particules électrisées.
La forme de cette magnétosphère
ressemble à l’onde de choc qui se produit à l’avant
d’un bateau en mouvement sur l’eau : l’eau est
comprimée par l’étrave à l’avant du bateau. A
l’arrière, au contraire, l’eau forme une longue
traînée. La structure est un peu analogue à celle
des comètes lorsqu’elles sont près du soleil. La
magnétosphère terrestre présente toujours sa traîne
à l’opposé du Soleil quelque soit l’heure ; les
lignes de champ s’ouvrent et se ferment
lorsqu’elles passent du côté jour au côté nuit du
fait de la rotation de la Terre.
Les particules électrisées sont guidées par
les lignes de champ magnétique, elles
tourbillonnent autours de ces lignes, le plus grand
nombre est dévié et la Terre ainsi protégée.
Certaines, environ 10%, peuvent s’engouffrer dans
les « cornets » polaires nord ou sud. Ces
« cornets » délimitent un ensemble de lignes de
champ fermées du côté du Soleil et un ensemble
de lignes de champ ouvertes à l’opposé du Soleil.
Ces cornets sont les défauts de la cuirasse.
Certaines particules voyagent d’un pôle à
l’autre parfois plusieurs fois. Chaque « bond »
dure environ 5/10 s pour un électron et 20
secondes pour un proton. Ces particules jouent au
ping-pong entre les pôle magnétiques dans ce
qu’on appelle les « ceintures de Van Allen »
constituées par les lignes de champ fermées.
Ainsi, les particules du vent solaire suivent
les lignes de champ, un grand nombre se
retrouvent aux pôles magnétiques et donnent les
aurores polaires que l’on voit parfois dans ces
régions à hautes latitudes En général, ces aurores
apparaissent simultanément au pôle nord et au
pôle sud.
6- L’inversion du champ magnétique
Terrestre
Comme on l’explicitera dans un prochain
paragraphe le champ magnétique solaire s’inverse
avec une période régulière. Qu’en est-il pour la
Terre ?
Dès 1906 on découvrit que, dans le passé,
le champ magnétique Terrestre s’était inversé
plusieurs fois.
Lorsque de la lave d’un volcan sort de la
Terre elle contient des petits cristaux d’oxyde
magnétique qui s’orientent librement dans le sens
du champ magnétique existant à l’époque de la
coulée.
Les laves en se refroidissant figent en
quelque sorte ces petits aimants : les laves
fossilisées ont conservé le sens et la valeur du
champ magnétique de cette époque.
On pensait que le dernier retournement
avait eu lieu il y a 700 000 ans. Des recherches
assez récentes semblent indiquer un retournement
beaucoup plus proche datant d’environ 30 000 ans.
Attendons une confirmation indiscutable de ce
résultat.
Par contre on constate à l’heure actuelle
que l’intensité du champ magnétique terrestre
diminue chaque année. Certains chercheurs
estiment que l’on pourrait atteindre une valeur
nulle dans 2 à 3000 ans. Cette absence de champ
magnétique dipolaire ne serait pas sans
conséquence pour la vie sur Terre.
L’activité du soleil
1- activité interne du soleil
Au cœur du Soleil il y a une sorte de four
thermonucléaire dont la température est de l’ordre
de 15 millions de degrés et la pression de l’ordre
de 200 milliards de fois la pression atmosphérique
terrestre.
Dans ce four, 564 millions de tonnes
d’hydrogène sont transformées chaque seconde en
hélium.
Une partie de la masse est transformée en
énergie (environ 4 millions de tonnes par seconde
selon la relation d’Einstein : E = mc2). Cette
énergie est rayonnée sous forme de photons.
Ces photons arrivent dans la zone radiative
située près de la surface du Soleil
(cf. .)
Dans cette zone radiative la température
décroît de 9 millions de degrés à 1 million de
degrés. Dans cette zone les photons sont absorbés
et réémis un très grand nombre de fois.
Progressivement, s’approchant de la surface, ils
perdent un peu de leur énergie et se transforment
partiellement en photons X puis en photons
ultraviolets enfin en photons visibles. On estime à
plusieurs millions d’années le temps nécessaire
pour que les photons arrivent à la surface du soleil.
Pour cela ils ont encore à traverser la zone
convective qui débute environ 200 000 Km sous la
surface du Soleil. Dans cette zone se forment
d’énormes bulles de gaz chaud ; ces bulles se
déplacent selon des mouvements de convection
qui suivent des « tubes de convection » et viennent
éclater en surface. Ces sections de tube de
convection sont visibles sous forme de tâches
brillantes sur les photographies prises de la Terre
et constituent ce qu’on appelle des « granules » ou
« grains de riz » ; elles sont de la taille de la Terre.
Elles correspondent aux bulles en
mouvement ascendant, les espaces inter
granulaires sont plus sombres et correspondent à
des mouvements descendants de la matière. La
durée de vie de ces granules est de quelques
minutes.
2- La photosphère
On appelle photosphère la sphère qui est
usuellement visible quand on observe le Soleil.
Elle a un rayon de 700 000 Km par rapport au
centre du Soleil et son épaisseur est d’environ 500
Km au delà de la zone convective. Sa température
est de l’ordre de 6 000 degrés
Sur la photosphère, on observe parfois des
taches. Ces taches, dont la taille est de l’ordre de
grandeur de notre planète (voire plus), sont des
zones un peu plus froides (4 000 à 5 000 degrés).
Ces taches ont été redécouvertes par Galilée en
1613 mais en fait les Chinois avaient déjà dressé
une liste complète d’évolution des taches en l’an –
28 ; elles apparaissent souvent deux par deux. Le
champ magnétique au cœur de ces taches est très
intense, de l’ordre de 8 à 10 000 fois l’intensité du
champ magnétique terrestre. On évalue ces
champs à partir du dédoublement par effet Zeeman
des raies spectrales des radiations émises par le
Soleil.
On admet aujourd’hui que ces taches
seraient des sections de boucles de courants qui
émergent de la photosphère en venant des zones
inférieures.
A côté de ces taches, on voit apparaître des
zones plus lumineuses que le reste de la
photosphère appelées « facules ». Cette
surintensité compense la moindre intensité
lumineuse des taches.
3- La chromosphère solaire
La chromosphère n’est visible que lors des
éclipses ou avec un coronographe.
C’est une mince couche (quelques
centaines de Km) de gaz de couleur rose violet
(émission d’une radiation à 656.3 nm),
transparente à la lumière blanche. Elle s’étend sur
environ 2 500 Km autour de la photosphère. Elle
contient de nombreux filaments lumineux appelés
Ha ; ils sont dus à des jets de matière qui s’élèvent
avec des vitesses de l’ordre de 25 km.s-1 et
peuvent atteindre 5000 à 10000 Km puis
retombent en 5 à 10 minutes. On aperçoit
également des fibrilles qui sont des bandes de gaz
horizontales et sinueuses situées à proximité des
centres actifs.
C’est dans cette zone qu’on peut observer
les éruptions solaires. De brusques augmentations
de brillance des zones situées à proximité des
taches sont parfois observées.
Les éruptions solaires se détectent dans
tous les spectres (gamma, X, radio, UV, visible
avec des filtres, infrarouge). Elles ont pour effet
d’accélérer les particules électrisées provenant du
soleil. Elles peuvent en plus arracher de la matière
coronale (matière appartenant à la couronne
solaire, voir paragraphe suivant) et provoquer à la
fois de fortes perturbations dans les circuits
électriques et de magnifiques aurores polaires.
4- La couronne solaire
C’est la région la plus externe du soleil : elle
s’étend sur plus de 2 millions de km. Sa
température est très élevée ; elle peut atteindre 2
millions de degrés.
Si on observe la couronne à l’aide d’un
spectrographe recueillant les rayons X issus du
Soleil, on remarque des zones sombres qui
correspondent à des zones où le rayonnement X
est moins intense : ces zones sont « les trous
coronaux ». C’est à partir de ces trous coronaux
que les particules les plus rapides du vent solaire
s'échappent et se répandent dans le système solaire
(à environ 700 Km/s). A cause du vent solaire le
soleil perd une masse d’environ 1 million de
tonnes par seconde.
Les trous coronaux se situent aux endroits
où les lignes de champ magnétique du Soleil
s’ouvrent vers l’infini, en particulier aux pôles
solaires que la sonde spatiale Ulysse a survolés en
1994 et 1995.
5- La périodicité de l’apparition
des taches sur la photosphère
Les observations de Schwabe (1789-1875)
montrèrent que l’apparition des taches suivait un
cycle dont la valeur moyenne est de 11 ans.
Au bout de 11 ans, le cycle des taches
recommence mais on observe une inversion des
pôles du soleil. Le pôle magnétique nord est
devenu un pôle magnétique sud et réciproquement.
Pour retrouver une même configuration, il faut
attendre 22 ans environ : c’est le cycle de HALE
(1868-1938).
Ces taches ont un mouvement d’ouest en
est sur la surface du Soleil. Elles apparaissent en
générale aux latitudes moyennes vers 35 à 40° de
latitude dans l’hémisphère nord ou sud. Cette zone
est appelée « zone royale ».
Les taches apparaissent souvent par groupe
de deux. La tache de tête, dans le sens de la
rotation, est un peu plus proche de l’équateur que
la tache de queue. Chaque tache est un pôle
magnétique nord ou sud. La tache de tête a le
même pôle (nord ou sud) que l’hémisphère dans
lequel elle se trouve. Par exemple, si dans le
l’hémisphère géographique nord, le pôle
magnétique est nord, alors la tache de tête est nord
et la tache de queue sud.
Pour l’autre hémisphère on trouve une
situation symétrique avec des polarités inversées.
Le diagramme donnant la latitude héliocentrique
en fonction du temps des taches successivement
observées ressemble aux ailes d’un papillon : on
l’appelle diagramme papillon (ou diagramme de
Maunder).
Si l’on étudie l’apparition des taches au
cours de l’histoire, on constate une absence
presque totale de taches de 1645 à 1715, c’est-àdire
durant quasiment tout le règne du Roi Soleil
… Le règne de Louis XIV est par ailleurs associé
à un petit âge glaciaire au cours duquel les hivers
furent très rigoureux (particulièrement en 1709).
On retrouve ces minima d’activité grâce à
la dendrochronologie. A partir des cernes
successifs de la section d’un tronc d’arbre il est
possible de les dater. L’étude de la largeur des
cernes donne également des indications sur les
conditions climatiques de l’époque. Les résultats
obtenus corroborent les informations données par
l’étude du carbone 14.
6- La dynamo solaire et la
formation des taches
L’enveloppe du soleil ne tourne pas comme un
solide indéformable. Un point de l’équateur du
Soleil a une période de rotation plus courte qu’un
point situé à une latitude plus élevée ; l’équateur
tourne environ 40% de fois plus vite que les pôles.
Ainsi :
- à l’équateur, la rotation se fait en environ 25
jours ;
- aux pôles, la rotation se fait en environ 29
jours.
On dit que le soleil a une rotation différentielle.
On estime que cette rotation différentielle peut
initier un phénomène de dynamo qui est à
l’origine du magnétisme des taches solaires.
Il semble que l’apparition des taches
corresponde à des zones où les lignes de champ
magnétique sont étirées, enchevêtrés, entortillés et
où l’énergie stockée s’accumule lentement.
A la fin ces lignes de champs sont
tellement tortueuses et étirées qu’il se forme des
sortes de hernies qui viennent exploser à la
surface en formant des taches solaires.
Les effets de l’activité solaire
Récapitulons les différents éléments présentés plus
haut pour reconstituer les effets de l’activité
solaire.
1-Qu’est-ce qui provoque les
aurores polaires ?
C’est le vent solaire, constitué de particules
chargées (électrons, protons, ions), éjectées du
Soleil par les trous coronaux. Ces particules
arrivent sur Terre en 1 ou 2 jours et sont fortement
freinées par le champ magnétique terrestre.
Certaines sont déviées vers la queue de la
magnétosphère, d’autres sont piégées et subissent
des oscillations dans la zone de Van Allen. Elles
rebondissent sur 2 points miroirs dits
magnétiquement conjugués. Enfin, certaines
pénètrent dans l’atmosphère terrestre par les
cornets polaires qui séparent les lignes de champ
magnétique fermées (du côté de la Terre où il fait
jour) des lignes de champ magnétiques ouvertes
(celles qui sont du coté nuit), dirigées vers la
queue de la magnétosphère.
Les particules chargées décrivent des
hélices autour des lignes de champs et viennent
percuter les molécules et surtout les ions situés
dans l’ionosphère de la Terre, ç’est à dire une
zone située entre100 et 500 Km de la Terre.
Il en résulte les belles couleurs, des
« aurores », aux pôles magnétiques de la Terre.
Ces aurores peuvent parfois être visibles à
nos latitudes. Ce fut le cas le 6 avril 2000 à
l’Uranoscope de Gretz-Armainvilliers (77) où
furent prises de belles photos rouge vif. On a
choisi historiquement le terme d’aurore car ces
lueurs dans le ciel ressemblent aux premières
lueurs du jour. Aurore était la déesse romaine du
crépuscule du matin. Par définition l’aurore est le
moment qui suit l’aube et qui précède le lever du
Soleil.
La Terre n’est pas la seule planète qui a le
privilège d’engendrer des aurores polaires. On en
trouve aussi sur Jupiter et ses satellites (en
particulier sur Io et Ganymède), sur Saturne …
Il n’est pas nécessaire que ces planètes ou
satellites aient une atmosphère dense, par contre
ces astres doivent générer un champ magnétique
puissant.
2- A quoi sont dues les couleurs
des aurores polaires ?
L’ionosphère est une région où l’on trouve des
molécules, des atomes, mais surtout des ions. Ces
ions résultent de l’action des rayons ., X et UV du
Soleil sur des molécules de diazote ou de
dioxygène. Ils constituent une sorte de plasma
globalement neutre constitué d’électrons de
protons et de noyaux d’hélium.
L’aurore polaire fonctionne un peu comme
un tube luminescent au néon (enseignes
lumineuses rouges).
Lorsqu’on envoie une décharge électrique
des atomes de néon passent de leur état normal à
un état excité qui dure très peu de temps (environ
10-9 s). En revenant à leur niveau initial ils
émettent des photons dans la zone de perception
du rouge. Dans le tube il apparaît une belle teinte
rouge.
Dans les aurores polaires on observe
particulièrement à l’œil nu deux couleurs verte et
/ou rouge car l’œil humain est plus sensible aux
radiations correspondantes ; elles correspondent à
l’émission de l’oxygène à partir d’un état excité
dont la durée de vie est longue de l’ordre de 0.90 s
à 110 s. En effet à cette altitude (environ 100 Km)
la densité de l’air est très faible ; elle est telle que
le libre parcours moyen (c’est à dire la distance
moyenne parcourue par une particule entre deux
collisions) entre deux collisions est très élevé ce
qui autorise des durées de vie importantes des
atomes ou des molécules à l’état excité.
L’oxygène atomique à cette altitude donne en
particulier une raie verte à 557.7 nm et vers
l’altitude de 250 Km une raie rouge à 630.3 nm, la
masse volumique de l’air étant d’environ 10-8 g/m3
à ce niveau.
Il existe beaucoup d’autres raies
enregistrées par les récepteurs. Ces transitions qui
se produisent avec émission de lumières colorées
correspondent à des raies que l’on ne peut pas
obtenir au laboratoire car on ne peut pas y
reproduire les mêmes conditions physiques.
3- La poésie des aurores boréales
Pour ceux qui supportent mal les explications un
peu scientifiques ou pour ceux qui veulent
ressentir la féerie du spectacle voilà ce qu’un
Américain en expédition en Sibérie orientale
notait en 1865 :
« Tout l’univers semblait en feu. Une arche
immense composée des couleurs brillantes du
prisme traversait la voûte céleste d’Est en Ouest-
comme un gigantesque arc en ciel - avec une
longue frange de filets rouge cramoisi et jaune
s’étirant depuis le bord convexe - parallèles à
l’arche - s’élevaient soudain du côté Nord de
l’horizon et montaient à son zénith - à intervalle
de une à deux secondes - des bandes larges - et les
cieux avec une majesté prompte et constante -
comme de longs brisants de lumière
phosphorescente - déferlaient dans l’océan
d’espace sans limites »
4- Le bruit des aurores polaires
Des observateurs disent avoir entendu des bruits
d’arcs électriques, de léger grésillement lors des
activités aurorales les plus fortes. Ces bruits
apparaîtraient quand le champ électrique est d’au
moins 1500 volts par mètre.
5- Les effets des orages
magnétiques du Soleil
Les orages magnétiques du Soleil provoquent
parfois de gros dégâts sur Terre. Par exemple le 13
mars 1989 au Québec vers 3 h du matin un violent
orage magnétique a créé de forts courants induits
dans tous les réseaux conducteurs de faibles
résistivités électriques (voies ferrées, gazoducs et
lignes à hautes tensions).
Des surcharges se produisent dans les
enroulements des transformateurs qui disjonctent.
Six millions de Canadiens furent privés de courant
électrique pendant 9 heures. Les communications
radios et le système GPS furent perturbés.
Ces orages peuvent aussi détruire les
systèmes électroniques embarqués dans les
satellites.
6- Des effets de l’activité solaire
sur le climat ?
Au delà des aurores polaires et des orages
magnétiques, l’activité du Soleil a-t-elle d’autres
effets sur la Terre ?
De nombreuses études ont été réalisées
pour chercher des corrélations entre activité
solaire et données météo. Rien n’est, pour
l’instant, parfaitement établi.
Cependant on constate que durant le règne
de Louis XIV il n’y avait pratiquement pas
d’activité solaire et que cela correspondait à un
mini âge glaciaire.
Est-ce un épiphénomène ?
Christian LARCHER
CLEA et URANOSCOPE de l’Ile de France
Bibliographie : Sun, Earth and sky Kenneth R.
Lang Editions Springer.
Il existe une traduction Française