Agir contre le harcèlement à l'école
5 initiatives académiques pour prévenir et lutter contre le harcèlement à l'école
- Un tribunal de vie scolaire au collège Vernier à Nice pour redonner du sens aux sanctions scolaires;
- L’atelier Mieux Vivre Ensemble pour libérer les paroles au collège André Malraux de La Farlède;
Plus de 8 700 élèves de l’académie sensibilisés à un meilleur usage d’internet et au cyber-harcèlement
Internet est un outil de communication et d’acquisition de connaissances très attractif pour les élèves mais il nécessite des règles impératives de prudence dans son utilisation. Dans le cadre des Comités d'éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC), l'équipe académique de sécurité, en partenariat très étroit avec les chefs d'établissement, propose des sessions d’information pour aborder, sous forme de débats interactifs avec les élèves, les risques inhérents à l'usage des nouvelles technologies de l’information et de la communication, et notamment le cyber-harcèlement.
Plus de 5 000 collégiens et plus de 1 100 lycéens ont bénéficié d’informations et de formations sur les usages du web durant l’année scolaire 2010/2011. Au terme du 1er trimestre de l’année 2011-2012, ce sont déjà 1 900 collégiens et 340 lycéens qui ont pu débattre autour de cette thématique.
La sensibilisation des élèves porte sur l’utilisation des nouveaux outils tels que les blogs, MSN, Facebook… dont la charte à l’ouverture du compte n’est quasiment jamais lue par les élèves. Ils découvrent, souvent avec stupéfaction, que leurs données personnelles peuvent être sauvegardées ou exploitées à des fins commerciales et qu’il ne faut pas accepter n’importe quel contact car une personne malveillante peut se cacher derrière un pseudo. L'objectif recherché est avant tout de parvenir à libérer la parole des élèves en utilisant leurs expériences personnelles pour les conduire vers une présentation précise des nouveaux outils de communication et les risques encourus sur la toile comme les situations de harcèlement entre élèves au travers des réseaux sociaux.
Le débat s’anime généralement très vite. Si certains s’intéressent plus particulièrement aux moyens de protection de leur blog contre le piratage, d’autres s’inquiètent avant tout d’une éventuelle récupération d’informations et d’images personnelles, pouvant aboutir à des situations de harcèlement.
Ils méconnaissent généralement l’âge de la responsabilité pénale ainsi que la législation en matière d’insultes, d’outrages, de droit à l’image, de téléchargement et de cyber-harcèlement. Les intervenants de l'équipe académique de sécurité illustrent le domaine pénal en s’appuyant sur des exemples concrets rencontrés dans des établissements ou à partir d’articles de presse ayant porté à la connaissance du grand public des condamnations de mineurs dans ce domaine. L’ignorance des risques potentiels concerne également les familles. Alors qu’internet a pénétré aujourd’hui la majorité des foyers français, souvent dans les chambres mêmes des enfants, qu’en est-il de l’information auprès des adultes ? La sphère familiale demeure un public privilégié pour conduire conjointement cette information avec les équipes pédagogiques. Des réunions d’informations ont d’ores et déjà été menées dans le cadre de la mallette des parents, un dispositif national destiné à améliorer le dialogue entre les parents d’élèves et l’École.
Les équipes éducatives de l’académie de Nice sensibilisées de manière interactive au harcèlement en milieu scolaire
Le harcèlement en milieu scolaire se caractérise par l’usage répété de la violence physique, de moqueries et autres humiliations entre élèves. Les conséquences de ce phénomène, qui touche environ 10% des élèves selon les dernières études menées, peuvent être très lourdes : perte d’estime de soi, décrochage scolaire, désocialisation, dépression, conduites suicidaires…
Depuis septembre 2011, l’équipe académique de sécurité mène des actions de formation afin de sensibiliser les personnels d’encadrement stagiaires et les conseillers principaux d’éducation (CPE) de l’académie. Ce dispositif, qui permet de donner des clefs concrètes afin de reconnaître, de prévenir et de traiter le harcèlement à l’école, va être largement étendu puisque la formation de l’ensemble des chefs d’établissements va débuter très prochainement. La sensibilisation des formateurs académiques des enseignants est également envisagée.
La formation, d’une demi-journée, est assurée par la psychologue clinicienne de l’équipe académique de sécurité et ce sont des vidéos virales qui lancent les débats. Particulièrement sensibles à ce phénomène, les personnels éducatifs nourrissent les discussions à partir de situations vécues. Le formateur, s’appuyant sur ces cas concrets et sur sa propre expérience, invite les personnels à réfléchir par eux-mêmes afin de rechercher la solution « idéale » permettant de répondre au problème donné.
Au cours de ces débats très interactifs, sont abordés des thèmes tels que la compréhension et l’identification du harcèlement entre élèves, notamment la relation triangulaire « harceleur-victime-spectateurs », le repérage des signes d’alerte et de tout changement brutal de comportement, les nombreuses idées reçues ou encore l’identification des conséquences d’ordres physiques et sociales à court, moyen et long terme.
La formation aborde également l’item « agir pour prévenir », en s’appuyant notamment sur l’expérience de pays engagés de plus longue date dans la prévention du harcèlement et le traitement du harcèlement, avec des règles et des actions simples à conduire face à un problème avéré.
Cette action de sensibilisation des équipes éducatives est menée dans le cadre de la formation initiale ou continue des personnels d’encadrement, d’éducation et enseignants de l’académie de Nice et s’inscrit pleinement dans le plan d’action global mis en place à l’issue des Assises nationales sur le harcèlement à l’école.
Un tribunal de vie scolaire au collège Vernier à Nice pour redonner du sens aux sanctions scolaires
Pour la 2ème année scolaire consécutive, les
équipes éducatives et pédagogiques du collège Vernier de Nice, ont mis en place
un projet innovant de tribunal, appelé « le collège, la loi, … et moi ».
26 élèves de 4ème sont mis cette année en situation de comprendre, apprendre et
de faire appliquer la loi par la tenue de séances de tribunal où ils ont des
rôles actifs.
Le collège Vernier de Nice est situé en zone urbaine sensible. En 2010, des problèmes de discipline dans une classe de 4ème ont poussé les équipes du collège à trouver des solutions pour réguler les écarts; l’une d’elles fut la mise en place d’un tribunal. Tous les quinze jours, quatre élèves volontaires représentent le président du tribunal, deux juges et un greffier tandis que le reste de la classe assiste aux débats. Le président du tribunal anime les débats et doit faire en sorte que chacun puisse s’exprimer et défendre son point de vue.
A côté des mises en situation des séances de tribunal, un travail conjoint avec le professeur d’éducation civique et les éducateurs de quartier a été mené afin de faire connaitre le fonctionnement de la justice, il a trouvé son prolongement dans une sortie au Tribunal de Grande Instance (TGI) de Nice en juin 2011. Les retours observés à la fin de l’année scolaire 2011 on été encourageants puisque les infractions, sous toutes les formes, ont diminué et que les élèves estiment mieux respecter des lois (règlement intérieur, loi française, droits et devoirs) qu’ils comprennent mieux désormais. C’est pourquoi il a été décidé de poursuivre l’expérimentation durant l’année scolaire 2011-2012 avec quelques modifications, notamment en termes d’objectifs, les 26 élèves de la classe de 4ème concernée ne présentant pas de problèmes de discipline majeurs.
La séance de tribunal hebdomadaire est animée par le professeur principal, le jeudi de 12h30 à 13h30, avec le soutien du professeur d’éducation civique une fois par quinzaine. Le jury constitué de 4 élèves jugent les écarts au règlement signalés par différents membres de la communauté éducative (professeur, membre de la vie scolaire, agent, …). Les punitions sont choisies avec l’aide d’une grille et le professeur principal s’assure de l’équité de chaque décision et du suivi des punitions données.
Les domaines de la loi et du règlement servent ainsi de supports d’apprentissages pour l’apprentissage de la citoyenneté, la maîtrise de la langue, le renforcement des compétences sociales et civiques, l’autonomie...
Parallèlement d’autres actions sont menées avec les partenaires de cette action, la Protection judiciaire de la Jeunesse (PJJ), le TGI de Nice, la compagnie de Théâtre Miranda, les associations « La Semeuse » et « Afrique et d’ailleurs, droit intégration citoyenneté et culture » comme la découverte des métiers de la justice, la construction d’un quizz visant à mieux connaître le réseau associatif du quartier, des interventions de la PJJ, l’organisation d'une sortie au TGI dans le but d'assister à une audience et éventuellement de rencontrer des professionnels de la justice; un travail de réflexion sur le règlement intérieur, une pièce de théâtre reconstituant un procès….
Cette action permet ainsi de lutter contre les incivilités, la violence verbale ou physique, et contre les différentes formes de harcèlement à l’école. Elle contribue à l’amélioration du climat de vie scolaire, à l’apprentissage du respect et de la gestion de conflits de toutes sortes. Elle est soutenue par le PASIE (Pôle Académique de Soutien à L'innovation).
L’atelier Mieux Vivre Ensemble pour libérer les paroles au collège André Malraux de La Farlède
Pour la deuxième année, les équipes pédagogiques et
éducatives du collège André Malraux à La Farlède proposent aux élèves, en accord avec leurs familles, et aux enseignants un
dispositif de prévention très complet face au harcèlement scolaire.
L’atelier du Mieux Vivre Ensemble en est l’action phare. Ce projet cherche à libérer les paroles des collégiens grâce à un projet théâtral sous forme de jeu de rôle. Ce sont les élèves eux-mêmes qui écrivent puis qui répètent des saynètes sur le thème du respect de l’autre tout au long de l’année scolaire. Une semaine sur deux, les élèves endossent soit le rôle de la victime soit du harceleur, guidés par l’infirmière, le professeur documentaliste et des intervenants de la compagnie « 6T Théâtre ». Le professeur d’éducation musicale les accompagne également lors de séances en présence de l’orchestre et de la chorale du collège. A la fin de l’année, les élèves effectuent une grande représentation devant les autres élèves mais aussi devant leurs familles.
Ce projet s’inscrit dans un dispositif global mené par l’équipe de direction afin de conduire tous les élèves du collège à réfléchir à leur comportement. Le conseiller principal d’éducation, le conseiller d'orientation-psychologue, les professeurs d’arts plastiques, de lettres et d’anglais ou encore des représentants de la Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile de Bandol sont ainsi très présents auprès des élèves ainsi que 2 intervenants de l’association Génération Médiateurs qui responsabilisent et forment les collégiens à la médiation. Tout au long de l’année, sont proposés de nombreux autres projets comme un concours d’affiches en anglais pour les élèves de 6ème, des lectures et des débats en 5ème, des bandes dessinées et des vidéos en anglais pour les 3ème et pour tous les niveaux une exposition lors de la journée de lutte contre le harcèlement scolaire.
Pour faire face aux différentes situations de harcèlement en milieu scolaire, les collégiens sont également amenés à réfléchir sur les comportements à adopter dans ce genre de situations, qu’il s’agisse de harcèlement au sein même de l’établissement ou de cyber-harcèlement à l’extérieur. Au travers de commissions mixtes avec des adultes, ils sont invités à proposer des amendements au règlement intérieur du collège.
Les résultats observés l’année dernière sont très encourageants, puisque parmi les 14 victimes de harcèlement encore scolarisés cette année, 10 élèves déclarent ne plus être victimes et avoir progressé dans leurs relations avec les autres, tandis que les autres élèves subissent encore parfois des moqueries. Les résultants sont encore plus probants du côté des harceleurs puisque 6 sur 7 ont changé de comportement.
Projet « Basta cosi » au collège Léonard de Vinci à Montauroux : des scènes de théâtre interactives pour prévenir le harcèlement scolaire
C’est dans le cadre du CESC (Comité d'éducation à
la santé et à la citoyenneté), qu’Evelyne Blot, principale adjointe du collège
Léonard de Vinci à Montauroux a proposé aux
différentes équipes pédagogique et éducative du collège la mise en place du
projet « Basta cosi » (Assez ! en italien), un dispositif
inédit qui s’appuie sur le club théâtre et ses élèves, afin de lutter contre
les différentes formes de harcèlement à l’école. Le principe retenu est un
théâtre interactif…
Huit situations de harcèlement considérées comme les plus courantes sont retenues : moqueries, insultes, agressions verbales, violences physiques.... Elles sont travaillées puis jouées sous forme de saynètes pendant une heure dans la salle audio visuelle du collège devant un public composé d’une classe de 6ème et d’une classe de 3ème. Cette action expérimentale touchera cette année 330 élèves, soit la moitié des effectifs du collège.
L’action se déroule en quatre actes :
- Acte 1 : accueil des classes par les animateurs adultes de l’action (CPE, infirmière, assistante sociale, adjointe) accompagné d’un questionnaire sur la connaissance ou les représentations par les élèves, du harcèlement
- Acte 2 : les jeunes comédiens jouent 2 scènes de harcèlement telles qu’elles peuvent être vécues, ressenties par la victime.
- Acte 3 : le public, tous les élèves de 6ème et 3ème, interagissent pour suggérer par un nouveau jeu, l’attitude à adopter en cas de harcèlement.
- Acte 4 : des échanges sur le contenu de l’action ont lieu entre les adultes et les élèves. Ce mode très vivant de communication permet à chacun de s’exprimer et les équipes rappellent aux collégiens les principaux éléments du règlement intérieur et la loi.
La volonté des équipes est la production d’affiches, une charte déterminant les comportements à adopter, voire l’édition de petites brochures à destination des élèves et des parents. Cette action de prévention transversale sera étendue à l’ensemble des collégiens si l’évaluation en fin d’année est positive …






